Cyclocross : Traversée de l’Atlantique pour le vélo et du désert pour le mental

Par Luc Robert (initiative de journalisme local)
Cyclocross : Traversée de l’Atlantique pour le vélo et du désert pour le mental
(Photo : Famille Oppizzi)

Matteo Oppizzi, un cycliste de catégorie U19 de Saint-Sauveur, garde la tête haute, malgré une série d’annulations de compétitions qui ont affligé son plan de carrière, depuis mars 2020.

L’adepte de cyclocross de bientôt 18 ans, toujours d’âge junior, est rentré au Québec le lundi 8 février dernier, après avoir combattu des hauts et des bas. Après que des épreuves canadiennes et américaines eurent été annulées les unes après les autres, en raison de la pandémie, il a tenté sa chance en Suisse, où il détient la citoyenneté. Il voulait participer aux Championnats mondiaux, après avoir été champion québécois de cyclocross en 2019, puis avoir été sacré monarque au Championnat canadien, à Peterborough, dans la catégorie U17.

Planification

Grâce à son ami Matis Boyer, il a planifié un voyage en Europe, où les courses étaient maintenues. Il voulait enchaîner une dizaine d’épreuves internationales en Belgique, afin d’y obtenir de précieux points UCI, pour sa sélection mondiale. Malheureusement, la Belgique a fermé ses frontières. Même scénario en Tchéquie, qui a fermé l’accès aux athlètes étrangers.

« Tu vises le long terme, puisque presque tout est paralysé. Au début, je ne trouvais pas facile que les épreuves tombent comme des dominos. Il fallait éviter de penser à ça. Heureusement, Matis, un ancien compétiteur qui a tiré sa révérence l’an dernier, était passé par l’Europe et on a pu planifier les choses. »

En janvier 2021, l’athlète d’Équipe Cyclocross Cannondale ILAND s’est accroché à son rêve, en se présentant à deux courses en Suisse. Même s’il résidait auprès de ses grands-parents, il était seul dans sa préparation depuis plusieurs mois.

« J’ai un appartement chez mes grands-parents, à Neuchâtel. Ma famille y réside toujours. J’avais ma routine établie et ça allait quand même bien. Je poursuis mes études à distance en Sciences humaines, au Cégep de Rosemont. »

Lors d’une première course internationale et le Championnat suisse, Matteo a terminé une première fois 7e, 5e Suisse, et 5e au Championnat suisse. Six cyclistes suisses sont normalement retenus pour les Championnats du monde. Mais à cause de la COVID, la Fédération nationale n’a signé que trois athlètes U19, sans Matteo. Quelques jours plus tard, les mondiaux U19 ont été définitivement annulés.

Matteo aurait pu se dire que tous les efforts déployés au programme sport-études de Saint-Jérôme n’ont servi à rien, mais il a continué à y croire et est revenu au Québec riche d’une expérience différente. Il se prépare maintenant à la prochaine saison de vélo de montagne, et bien sûr, au cyclocross, la discipline qu’il affectionne.

« Le vélo de montagne comporte de la technique et de l’explosivité semblables au cyclocross. J’attends un peu les événements, avant de décider où j’irai parfaire ma préparation. Je ne détesterais pas aller dans l’Ouest canadien, car il s’y trouve de beaux parcours. Je devais y aller en mars 2020, mais ça a aussi été annulé. Entre temps, comme nous ne sommes pas au pic de la saison, je m’entraîne au vélo et en musculature, à raison de deux fois par jour, au maximum durant 2h30. Je fais une seule séance de 4h consécutive par semaine. Ce serait trop dur, sinon. Je donne un répit à mon corps. »

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