De l’usage et du partage : Les sentiers pour tous, vraiment ?

Par Benoit Simard, collaboration spéciale
De l’usage et du partage : Les sentiers pour tous, vraiment ?

Il demande plus d’effort et d’énergie d’ouvrir une voie et de taper le chemin. L’eau qui coule utilise (presque) toujours le chemin le plus facile et il en est de même pour la plupart des êtres vivants… mis à part quelques aventuriers plus dégourdis que d’autres. C’est dans la nature des choses de s’approprier ce qui existe déjà, d’emprunter à l’autre et de faire sien, d’aller avec le courant.

 

Est-ce pour autant la meilleure façon de faire, ou la plus éthique de procéder ?

Le terrain de jeux est le même pour pas mal d’utilisateurs, que l’on soit marcheur, skieur, à motoneige, en raquette ou à vélo, nous partageons tous ensemble un réseau de sentiers nous procurant du bonheur et des satisfactions sous différentes formes. Le défi étant d’y arriver en respectant les attentes de chacun, sans brimer le plaisir de ceux qui n’utilisent pas le même moyen de transport.

Le skieur se plaindra du passage du raquetteur, qui lui sera dérangé par le passage du cycliste, se plaignant du « botteux » (marcheur sans raquettes laissant des traces profondes dans la neige), etc.

Si au départ l’un est le parasite de l’autre, comment en arriver à une symbiose ? Enfants, on nous enseigne le partage, parfois on nous met à l’écart jusqu’à ce que l’on apprenne à jouer avec les autres, jusqu’à ce que l’on respecte « les règles ».

Déjà un ensemble de symboles et de règles existent pour aviser les utilisateurs. Et si la majorité s’y contraignait, ça serait déjà un bon départ. En général, on pourrait assumer que le plus rapide devrait porter une plus grande attention et céder le passage à l’usager plus lent.

Voici donc quelques consignes, dictées à la manière de commandements :

« Si tu défonces, renonce ». (S’adresse particulièrement aux marcheurs et cyclistes). Explication : Il y a une raison pourquoi les Amérindiens ont inventé la raquette. S’enfoncer dans la neige et laisser des traces dans les sentiers n’était pas cool avant l’arrivée des Européens, ça ne l’est pas devenu en 2020. Les trous ou traces de plus de 2 cm laissés dans la neige rendent la pratique du Fatbike fortement désagréable une fois durcis.

« La piste du skieur tu respecteras, à pied et en raquette tu ne t’y aventureras pas ». Explication : à moins d’être l’ouvreur de la piste (et à ce moment-là difficulté est de nature différente et même désirée), il est difficile d’effectuer un pas alternatif agréable sans traces préa-lables, vous visualisez les deux traces parallèles ? Voilà, n’abimez pas les traces parallèles.

« Si tu dois marcher chaque montées, pense à retourner ». (Celle-ci est pour les cyclistes). Explication : si on marche à côté de son vélo, on est un marcheur, et les marcheurs qui s’enfoncent sont des « Botteux ». Ne soyez pas un botteux.

Localement, avec le développement de nouveaux sentiers, il sera important de s’entendre sur des règles permettant à tous de s’amuser de juste manière sans nuire ou réduire le plaisir de son voisin. Le partage est une évidence et l’ampleur des terres disponibles est sans équivoque. La cohabitation étant l’objectif ultime, l’éducation et l’information seront les meilleurs outils à utiliser. Imaginez, si ceux qui sont là pour avoir du plaisir se chicanent, comment allons-nous faire pour convaincre ceux qui ne veulent pas de l’acquisition des terrains. Pensons à ça, respectons notre prochain, et ayons du fun dehors !

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