Décrocher

Par Jean-Claude Tremblay
Décrocher
jctremblayinc@gmail.com

Je ne voulais pas parler de pandémie cette semaine. Vraiment. Comme plusieurs, ça me rattrape et je commence à en avoir par-dessus la tête – j’ai comme hâte que l’on remette les arcs-en-ciel… dans le ciel, et que l’on dégage les fenêtres de maisons. En quête d’inspiration, un de mes amis au sens de l’humour grinçant m’a suggéré d’écrire sur les « Cavaliers de l’Apocalypse » et la fin du monde. Ouf, léger comme tout. J’apprécie la suggestion, mais parler à mes lecteurs de Jésus qui va supprimer l’influence de Satan et détruire les humains qui soutiennent le Diable… je crains que plusieurs le prennent au premier degré.

 

Je me suis alors tourné vers les nouvelles d’ici et d’ailleurs pour voir si le monde parlait d’autre chose que de COVID-19. J’ai vu des voitures foncées sur des êtres humains, des sauvages piller des magasins et des gens se frapper pour des biens et non seulement des idées. J’ai pleuré, résolument inconso-lable devant l’immensité de cette violence contre laquelle je ne pourrai jamais être immunisé. Finalement, je pense que la danse du Dr Arruda, c’était plutôt léger, peut-être que lui demander un rappel serait approprié.         

Se changer les idées

Confiné et enrubanné (depuis trop long-temps) sur ma chaise de bureau à regarder ma caméra d’ordinateur et parler virtuellement boulot du matin au soir, je me suis dit qu’après cette tournée des nouvelles, je devais sortir faire les courses et changer le mal de place. Arrivé au magasin, que ne fut pas ma surprise de constater que le « Far West » n’était pas seulement américain, mais qu’il pouvait aussi être québécois.

Certes, le degré était différent, il n’y avait pas de fusils ni de poursuite, mais il y avait quand même un fond de « je-m’en-foutisme » assez généralisé. Du monde qui ignorent le sens des flèches dans les allées, d’autres, impatients, qui viennent te coller lorsque tu regardes un article ou attend pour payer – c’était comme si le virus n’avait jamais existé, et que la crise avait (en plus) fait oublier les notions de civisme élémentaires, jadis préconisées.

Parlant d’attitude cow-boy… l’affaire George Floyd ne pouvait arriver à pire moment dans notre histoire. Ce geste crapuleux qui a mis le feu aux poudres, a lieu alors que l’homme le plus puissant de la planète intimide impunément, et incite à la violence : c’est tout simplement surréel. Bien des gens à travers le monde ont marché pacifiquement revendiquant la justice, tandis que d’autres, lâches, même ici au Québec, en profitent pour exprimer leur violence, casser, et achever ceux qui sont déjà par terre monétairement et surtout, moralement. La réalité est que la crise sanitaire exacerbe le présent mouvement, car les gens avaient déjà atteint leur point d’ébullition, à force d’être cloîtrés à la maison.

Jeunes et décrochage

Pendant que l’on assiste, distrait par les bruits de manifestations planétaires et les turbulences des mesures sanitaires, on rapporte que nos jeunes décrochent. Certains ne se présentent plus à l’école, même de façon virtuelle – plusieurs s’isolent et d’autres ne cherchent même pas d’emploi d’été, merci au programme fédéral et à sa générosité, puisé à même notre cagnotte si durement gagnée.

Pour ajouter au mal de vivre, une amie m’a même dit qu’une de ses filles songeait à ne pas reprendre le soccer lorsqu’il y aurait un éventuel retour aux activités. J’ai les mêmes commentaires d’autres parents concernant différents sports présentement étouffés par cette cochonnerie mondialisée. Combien d’enfants et de jeunes ne retourneront pas à leurs activités cette année ?

Et une meilleure question : quels effets secondaires et conséquences accompagneront ce décrochage ? Est-ce qu’il aura des liens à faire avec l’intérêt pour l’école ?  Pour plusieurs, le sport (et les activités dérivées) est le principal lieu où l’on peut canaliser sainement son énergie et s’exprimer tout en socialisant. Je ne sais pas pour vous, mais il faut se préoccuper de ce phénomène et encourager nos jeunes à s’accrocher.

Oui, comme vous, j’ai un immense besoin de décrocher de cette lourdeur quotidienne, mais nous devons montrer l’exemple, ne pas céder à la panique, restez civils, solidaires : nous allons y arriver.

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