Démissions en rafale à Sainte-Adèle

Par Andre Berard

Au tour de la conseillère Josée Barbeau d’annoncer sa démission

Lundi dernier, précisément une semaine après l’annonce de la démission du conseiller Pierre-Antoine Guinard, le greffier de la Ville de Sainte-Adèle recevait la démission de Josée Barbeau, conseillère du district numéro 1.

Dans sa lettre adressée au greffier et aux citoyens de Sainte-Adèle, la conseillère se dit très déçue de l’accueil pour le moins tiède qui est réservé aux dossiers environnementaux au sein de l’actuel conseil: «Je serai toujours étonnée du peu d’accueil et du peu de soutien que reçoit cette préoccupation au sein du conseil de ville de même qu’auprès de la direction générale.» Elle ajoute: «J’ai œuvré et contribué au cours des six dernières années dans des dossiers méconnus et non rentables politiquement (lire: à court terme), mais combien importants pour la population d’aujourd’hui et surtout pour celle de demain. J’ai proposé depuis quelques années une approche territoriale par bassin versant. Une timide tendance semble maintenant vouloir se dessiner. J’ai infléchi et obtenu un règlement sur la protection des sommets, un autre sur la restriction de l’utilisation des pesticides. J’ai initié et poursuivi avec ardeur toutes ces années la permanence du réseau de ski de fond. Mon passage au CCU, le comité consultatif d’urbanisme, s’est voulu respectueux d’un développement réfléchi, harmonieux et profitable à long terme pour la qualité de vie des citoyens et citoyennes de Sainte-Adèle, j’ai tenté d’introduire une rigueur nouvelle. Certains y voyaient une tentative de ralentir le développement… ceux-là ne semblent pas avoir appris des erreurs passées et plus récentes…»

La conseillère Barbeau admet se sentir fatiguée de faire cavalière seule dans les dossiers environnementaux et du développement immobilier: «Si je suis épuisée du trop peu d’accueil que le conseil fait à cette préoccupation environnementale, je suis toutefois persuadée que ma démission peut provoquer une nécessaire et sérieuse réflexion sur le sujet. Je souhaite ardemment que cette vacance au conseil soit l’occasion de discussions profitables dans l’ensemble de la population et à l’intérieur des groupes sociaux qui sont actuellement préoccupés par la cause ou d’autres qui auraient intérêt à s’en soucier davantage et à agir.» Selon la conseillère, les dossiers environnementaux dépassent largement la seule sphère politique. Ils devraient mobiliser la population adéloise, les groupes sociaux et environnementaux et les élus: «Quel héritage de nos enfants et de nos petits-enfants sommes-nous en train d’hypothéquer?» se questionne-t-elle. C’est en tant que citoyenne que la conseillère entend désormais s’impliquer dans sa communauté. Les démissions successives du conseiller Guinard et de la conseillère Barbeau vont-elles sceller le sort des dossiers environnementaux et celui du développement immobilier mieux encadré à Sainte-Adèle? La communauté d’idées qui unissait les deux conseillers était un secret pour personne. Après l’annonce de la démission de Pierre-Antoine Guinard lors de la dernière séance du conseil, Josée Barbeau s’était exprimée en des termes qui déjà annonçaient sa démission. Plus que divisé, le conseil est aujourd’hui amputé de près de la moitié de ses membres. Le départ de la «branche verte» du conseil soulèvera des inquiétudes au sein des groupes environnementaux. Les défections en rafale relancent la rumeur de la possibilité de la prise en charge de la Ville par une administration temporaire, une mesure qui se distingue de la tutelle. Pour l’instant, il y a quorum au sein du conseil. La situation pourrait rapidement changer advenant une nouvelle démission.

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