Des coupes forestières prévues dans les Laurentides

Par Ève Ménard (journaliste de l'initiative locale)
Des coupes forestières prévues dans les Laurentides

Des coupes forestières prévues d’ici quelques années dans le secteur de Val-des-Lacs suscitent des inquiétudes chez certains résidents.

M. François Lapalme, directeur de la gestion des forêts Lanaudière-Laurentides, nous indique que le chantier Fortin avait été sélectionné, puis mis en vente par le Bureau de mise en Marché des bois (BMMB) le printemps dernier. Il a été adjugé le 12 mai. « Le processus de vérification et de gestion contractuel est en cours et doit être complété avant de divulguer à qui a été octroyé le contrat », précise-t-il. Il s’agit de coupes partielles qui s’étendent sur une superficie de 244 hectares.

Une pétition pour arrêter ces coupes a récolté un peu plus de 70 signatures. Les gestionnaires des secteurs de plein air touchés par les récoltes prévues, dont les sentiers de l’Inter-Centre, de la Grande Boucle Tremblant et des sentiers de l’UQAM, ont profité de certaines ententes conclues avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Tour d’horizon de l’enjeu.

Inquiétudes

Denyse Ostiguy réside à Montréal et détient un chalet au Lac-Supérieur depuis 1994. Elle est une amatrice de plein air et utilise régulièrement les réseaux du secteur, dont certains qui sont touchés par les coupes forestières. Étant donné qu’elle habite en ville, madame Ostiguy est très reconnaissante de la beauté qu’offrent les paysages laurentiens. Elle se désole de les voir menacés par de telles coupes. « Je ne suis pas une environnementaliste, je suis une citoyenne qui veut protéger mon environnement », précise-t-elle.

En parallèle, elle voit la demande en plein air exploser, mais l’offre se dégrader tranquillement. Elle se rappelle notamment une coupe qui était survenue il y a quelques années au Mont-Durand dans le secteur d’Accès-Nature. « Le résultat final est désolant. On ne s’attend pas à beaucoup mieux du côté de l’Inter-Centre et de l’UQAM », nous écrit-elle.

Ententes conclues

Serge Lacroix est le président d’Accès-Nature Laurentides. Deux secteurs le concernant étaient initialement touchés par les coupes prévues : celui du lac Ti-Gris et une petite section de la Grande Boucle Tremblant. La demande initiale d’Accès-Nature était de retirer les deux surfaces du projet de coupe. Finalement, le secteur du lac Ti-Gris a été retiré, alors que la section de la GBT sera protégée avec une bande de 10 mètres de chaque côté du sentier.

Bien que l’idéal aurait été de retirer complètement cette section des coupes, monsieur Lacroix se contente de cet arrangement. Il souligne que les échanges avec le ministère se sont déroulés très cordialement. Monsieur Lapalme ajoute pour sa part que les échanges avec les gestionnaires de sentiers ont permis de « bien comprendre la règlementation existante, de définir des moyens de protection adaptés à la réalité propre de ce chantier et d’obtenir des consensus. »

Serge Lacroix reconnait toutefois qu’une bande de 10 mètres, c’est très peu lorsqu’entourée de coupes à blanc. Même son de cloche chez Denyse Ostiguy. « Aller faire de la marche, de la raquette ou du ski de fond dans des sentiers qui sont à 10 mètres à droite et 10 mètres à gauche de coupes à blanc, ça ne m’intéresse pas du tout. » Elle déplore que de telles récoltes nuisent au paysage environnant et à la biodiversité, bien qu’elles n’atteignent pas précisément les sentiers.

Consultations et ajustements

À cet effet, le ministère se veut rassurant. François Lapalme rappelle que la totalité ou presque des coupes prévues dans le secteur Fortin sont des coupes partielles. « Lors des échanges sur l’harmonisation des usages, l’impact des coupes sur les paysages environnants a été évalué. En raison de la très forte proportion de coupes partielles, les impacts sur le paysage devraient être très limités. » Dans le processus, l’harmonisation des usages a pour objectif de maintenir toutes les utilisations de la forêt lors de la récolte forestière, incluant notamment les activités de plein air et de villégiature.

Ainsi, le MFFP tient des consultations publiques pour tous les secteurs où une coupe est prévue, afin d’en informer les citoyens et les usagers du territoire. Les dernières consultations publiques régionales pour le chantier Fortin se sont terminées en mars dernier. Cette démarche permet d’entendre les préoccupations des acteurs, tels que les organismes, les municipalités ou les associations de la région, sous forme de rencontres avec des comités ciblés. Monsieur Lapalme précise que des consensus ont alors été convenus, puis le tout fut entériné à la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (TGIRT) des Laurentides. La planification a alors été ajustée en conséquence des préoccupations, d’où la conclusion d’ententes.

Du travail est effectué pour baliser des sentiers d’Accès-Nature. Photo: Courtoisie
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Pierre L’abbé
Pierre L’abbé
4 mois

Cher moi à St-Adolphe il y’a déjà eut une coupe à blanc il y’a environ 20 ans et c’est tout repoussé avec différentes espèces de feuillues. Une forêt c’est vivant et ça vieillit si ont veut que les générations futures en profitent bien ça fait pas de tard la rafraîchir. Une compagnie ont pas obtenu leurs permis dans une boîte de « pop-corn  » !
Ils y’a des centaines de kilomètres de sentiers dans les Laurentide qui sont souvent même pas empruntés que par une centaine de personnes.