Des élèves de la Polyvalente des Monts à la rescousse de la rivière du Nord

Par Marjorie Roy
Des élèves de la Polyvalente des Monts à la rescousse de la rivière du Nord

Dans l’optique de sauver la rivière du Nord de son triste sort actuel, quelques élèves volontaires de la Polyvalente des Monts participent à un échantillonnage hebdomadaire de ce cours d’eau.

Sous la surveillance de Jean-François Giasson, ces apprentis scientifiques découvrent chaque semaine des résultats plutôt inquiétants. Voici un aperçu de leur dernière cueillette.

Un projet qui en dit beaucoup

Ce projet d’échantillonnage de la rivière du Nord était, depuis les cinq dernières années, uniquement consacré à une activité de fin d’étape pour les étudiants. Suivant une cueillette en amont et en aval de plusieurs éprouvettes près de l’usine d’épuration de Sainte-Agathe, les élèves étaient mandatés pour présenter aux élus de la MRC des Laurentides leurs résultats. «Les résultats n’ont jamais été super en soi, surtout à cause de la période des pluies qui a souvent lieu au mois de mai. Nous nous sommes fait critiquer à quelques reprises sous prétexte que cette activité n’avait lieu qu’une seule fois par année et que les résultats ne sont pas toujours aussi dramatiques », explique M. Giasson.

Afin de démontrer la dégradation alarmante de la rivière du Nord, ce professeur de Sciences et Technologie a ainsi mis sur pied ce projet invitant de la sorte les étudiants volontaires à se porter à la cause. Résultat: l’état de santé de la rivière du Nord dépasse une concentration critique de bactéries. Selon les dernières analyses, l’eau près de l’usine est extrêmement polluée. «La charte de mesure de quantité de coliformes fécaux avec laquelle nous travaillons s’arrête à 2 424 coliformes par 100 ml. Les derniers résultats dépassent largement ce maximum, ce qui démontre à quel point nous devons agir rapidement». À titre comparatif, le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs inscrit 200 coliformes fécaux par 100 ml en tant que norme pour une baignade en toute sécurité. «Avec un taux aussi élevé de bactéries, il est même dangereux de canoter dans une eau aussi polluée. Seulement le contact de la rame à notre peau à la suite d’une activité peut nous contaminer», ajoute Jean-François. Bien que le danger qui guette cette rivière ne se voit pas à l’œil nu, l’ingestion de coliformes fécaux peut causer de graves indigestions. «La bactérie la plus dangereuse à avaler se nomme l’E-coli. Si elle est ingérée en trop grande quantité, elle peut créer une indigestion mortelle». L’ensemble des résultats de ces analyses sera présenté tel que les années précédentes aux maires des différentes municipalités avoisinantes de Sainte-Agathe. Une présentation qui, espérons-le, favorisera une réaction positive cette fois.

Un coup de pouce des riverains

L’état critique de la rivière du Nord se doit d’être connu de tous les riverains. Afin d’améliorer cette situation, Jean-François et ses élèves invitent à leur tour ceux-ci à participer à ce projet d’échantillonnage. «Il serait intéressant qu’ils recueillent également quelques éprouvettes d’eau par semaine. De cette manière et avec l’aide financière du ministère ou des municipalités, il y aurait possibilité de réaliser un véritable portrait de la qualité de l’eau, et ce, sur une plus grande partie de cette rivière». Alarmant, l’état de santé de la rivière du Nord laisse malgré tout croire que si tous y mettent la main à la pâte, celle-ci pourrait peut-être redevenir une agréable zone pour les baigneurs.

Un bon nettoyage

En ajout à ce projet d’échantillonnage, 93 élèves et trois enseignants de cette Polyvalente ont bravé la pluie afin de nettoyer une partie des berges de la rivière du Nord tout près de l’usine d’épuration de Sainte-Agathe. Bien que ces derniers fussent informés de la dégradation des lieux, ils ont tout même été fort impressionné de l’immense quantité de pollution. «Ce coin pourrait être un véritable petit paradis. Malheureusement, ce que les élèves ont trouvé est totalement décourageant», avoue M. Giasson.

Au-delà des centaines de bouteilles de verres et autres contenants de plastiques, les élèves ont trouvé des barbelés, des fonds de douches et même une porte de voiture. «Les résultats de cette activité sont inimaginables », ajoute ce professeur de Sciences et Technologie.

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