Des moments uniques créés à distance au FASS

Par Marie-Catherine Goudreau
Des moments uniques créés à distance au FASS
Patrice Richer (Photo : André Chevrier)

Pour la 29ième édition du Festival des Arts de Saint-Sauveur, Guillaume Côté, directeur artistique pour une 6ième année a dû prendre avec son équipe la dure décision d’annuler l’édition de cet été. Il a pourtant trouvé dans cette situation difficile, une occasion pour faire ressortir la beauté dans nos « Solitudes partagées ».

 

« Le festival, c’est une des choses que j’aime le plus faire dans mon année. L’annuler a été vraiment décevant », affirme le directeur artistique. Le duo à la tête de la direction, Guillaume Côté et Étienne Lavigne, a tout de même décidé de soutenir la création des artistes en amenant un élément numérique cette année.

L’inspiration

20 artistes, 20 créations, 1 voix, pour représenter l’année 2020. Dans cette édition spéciale du festival, ce sera 10 compositeurs et 10 chorégraphes qui vont créer ensemble, mais chacun de leur côté, une œuvre unique. Guillaume Côté s’est inspiré du contexte d’incertitude qui caractérise notre quotidien depuis les derniers mois pour conceptualiser les créations qui seront présentées sous la forme de courts films. Ces performances seront ouvertes à tous, peu importe la position géographique, et il sera possible de les visionner chaque dimanche du 5 juillet au 6 septembre 2020.

Le processus de création

Le directeur artistique nous a expliqué qu’il avait demandé aux différents compositeurs de créer une œuvre unique pour un chorégraphe qui performera sur cette musique, celle-ci interprétée par un musicien de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Ce genre de processus est différent qu’à l’habitude alors qu’on favorise la création individuelle. Les chorégraphes ne savaient donc pas sur quelle œuvre ils allaient performer et certains n’avaient jamais travaillé avec le compositeur. Ils ont été laissés dans l’incertitude durant ce processus, mais ont relevé le défi à merveille, selon Guillaume Côté. Ce dernier a ainsi voulu reproduire la solitude que nous vivons avec la pandémie en laissant les artistes créer chacun de leur côté pour ensuite unir leur création lors du tournage, offrant un résultat différent et unique. « La pièce est un solo, pour le danseur, mais aussi pour le musicien. Tout le monde travaille dans son moment et ensuite, on met les choses ensemble, au lieu de collaborer dès le début. […] Je trouve que c’était un beau concept pour illustrer ce que nous vivons en ce moment. Certains disent que nous sommes tous dans le même bateau, je crois plutôt que nous traversons tous la même tempête, mais chacun dans un bateau différent. »

La réalisation

Louis Martin Charest est le réalisateur qui sera derrière les films tournés à Saint-Sauveur à travers différents décors. Parmi ces lieux, on pourra admirer par exemple Daina Ashbee qui performera sur un quai au milieu d’un lac, sur la musique d’Alejandra Odgers. Pour le directeur artistique, il était important de conserver l’élément des Laurentides et de montrer que ce projet appartient vraiment à la ville de Saint-Sauveur. En outre, grâce à la collaboration de longue date et la relation que le festival entretient avec Yannick Nézet-Séguin, chef de l’OSM, il a été possible cette année aussi de produire des créations avec lui et ses musiciens. Avec le directeur artistique, ils ont formé les collaborations de chorégraphes et de compositeurs, parmi celles-ci, on y trouve Marie Chouinard et Louis Dufort ou encore Anne Plamondon et Cléo Palacio-Quintin.

Des entrevues seront également présentées à chaque semaine avec les créateurs par lesquelles on pourra entrer dans leur processus et comprendre comment ils en sont arrivés à la performance finale. Ces capsules seront diffusées avant la présentation du court film dans lequel on pourra voir les artistes interpréter leur œuvre. Ils seront mis en ligne
à une certaine heure via le site web du festival et leur page Facebook.

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