Dominique Beauregard : Un admiratif regard artistique

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Par Martine Laval
Dominique Beauregard : Un admiratif regard artistique
Perso
Photo : André Bérard

Dominique porte bien son nom, puisque c’est d’un regard inventif sans pareil qu’elle marie ses talents de peintre à sa passion pour l’histoire de nos Laurentides. Son intérêt pour son lieu de vie, la passion qu’engendre la découverte de son histoire, l’admiration qu’elle développe envers les défricheurs et ceux qui en ont permis le développement et l’essor, donnent à son art une dimension historique et patrimoniale. Ce qu’elle en crée méritant d’être admiré et partagé avec le plus grand nombre, voici le parcours d’une artiste qui se dédie à son histoire avec originalité.

D’où vous vient ce talent de l’art, Dominique?

Il semble que j’aie hérité du talent de mon grand-père Lemieux qui était le cousin de Jean-Paul Lemieux (peintre québécois de grande renommée). D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours dessiné, et j’ai eu la chance de ne jamais avoir à me demander ce que je ferais dans ma vie. Le métier s’est imposé de lui-même et c’est par la bande dessinée que j’ai débuté mon expression personnelle. J’ai par la suite étudié en graphisme. J’ai commencé la peinture de façon officielle à l’âge de 20 ans. C’est ma tante qui m’a initiée à la peinture, et de façon autodidacte, j’ai développé mon propre style.

Comment est née cette passion du curé Labelle, qui est le thème de votre présente exposition Les Stations du curé Labelle?

Je suis une amoureuse d’histoire et j’aime lire sur la région où je demeure pour mieux la comprendre. Sachant ça, un jour, mon chum m’a acheté le livre Les Laurentides de Serge Lorrain, et c’est là que j’ai découvert le curé Labelle. Comme je trouvais curieux qu’un curé s’occupe de chemin de fer, j’ai été intriguée par le personnage et j’ai cherché à en lire davantage. J’ai fait de la recherche, et au fur et à mesure que je lisais sur le sujet, j’étais étonnée de l’énergie que ce prêtre déployait dans tous ses projets. Mais le profond déclic pour moi s’est fait en découvrant ce qu’il voulait accomplir pour les Canadiens français.
C’est dans le livre Le Curé Labelle de Gabriel Dussault, que l’auteur illustrait à merveille, que j’ai découvert toute l’ampleur du personnage. Le curé serait sûrement un souverainiste aujourd’hui! Il voulait vraiment un pays pour les Canadiens français!
J’ai donc voulu connaître l’homme derrière le prêtre et j’ai ratissé tous les fonds d’archives possibles et impossibles à trouver. C’est là que j’ai vraiment apprécié sa personnalité et que je suis tombée en amour avec le personnage. Son amour pour les autres et son pays m’a impressionnée! Son détachement presque total des biens matériels m’a inspirée. Il était persévérant et ne lâchait pas le morceau lorsqu’il voulait quelque chose. Il était pour la justice, il était franc et hyper diplomate. C’était un homme coloré aux multiples facettes, et je crois que mes toiles l’illustrent bien.

Et vous en avez fait une histoire de couple, car vous baignez tous les deux dans l’exposition Les Stations du curé Labelle, votre conjoint André Bérard et vous!

En fait, j’ai fait toute la recherche sur le projet, et c’est lui qui a rédigé et vulgarisé toute l’information. Comme rédacteur-concepteur dans notre entreprise Facteur G – une boîte de communications établie dans les Laurentides depuis 1998 et principalement reliée au graphisme -, c’est lui qui a rédigé les textes de la brochure et des panneaux qui accompagnent les toiles exposées. Même dans mes autres productions reliées à l’histoire ou carrément fantaisistes – car j’ai également ce volet -, André écrit toujours une petite histoire qui accompagne la toile, et les gens apprécient beaucoup ce complément.

L’aventure avec le curé Labelle est-elle terminée, ou il y a une suite à l’exposition?

En fait, ce n’est pas fini parce que je vais toujours « militer » pour l’œuvre du curé Labelle. J’aimerais qu’il y ait un jour un musée dédié à la colonisation et aux défricheurs des Laurentides, dont le personnage central serait bien sûr le curé Labelle. C’est une épopée dans notre histoire cette période, et il faut l’honorer! Et comme ça se faisait de façon semblable à la grandeur du territoire, le musée correspondrait en même temps à l’histoire générale du Québec.
J’aimerais aussi diriger l’écriture d’un beau livre de style coffee table book, sensible, poétique sur le curé Labelle, basé sur la brochure qu’on a produite pour l’exposition. Comme je suis une collectionneuse, j’ai accumulé beaucoup de photos d’époque pour mieux m’immerger, me mettre dans l’ambiance, m’imprégner de son histoire. Avec toute sa correspondance que j’ai lue, j’ai également retracé, grâce à Google map, tout le trajet qu’il a parcouru lors de son voyage en Europe. J’ai repéré et visité les lieux où il est passé. Jean-Baptiste Proulx, son secrétaire, avait lui aussi écrit un journal, Cinq mois en Europe, qui m’a permis de suivre leur périple grâce aux adresses et aux lieux visités qu’il a notés. J’aimerais utiliser ce matériel pour compléter ce que j’ai déjà, et pousser plus loin son histoire.

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez que l’on sache de vous, de vos aspirations?

J’ai toujours voulu, depuis toute petite, vivre ici. La région est dans mon ADN. Alors, en tant qu’artiste, je veux non seulement m’incruster dans les Laurentides, mais je veux que mon œuvre respire les Laurentides.
www.dbeauregard.com

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