Dominique Cloutier : Santé Soleil

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Par Martine Laval
Dominique Cloutier : Santé Soleil

Dominique Cloutier fait partie du paysage « santé » de Saint-Sauveur depuis bien des années. On l’a connue dans sa boutique Santé Soleil sur la rue de la Gare, puis sous la bannière Rachelle-Béry aux Factoreries, et dans les nouveaux locaux de la rue Principale. Mais voilà qu’aujourd’hui, à 70 ans, Dominique tire sa révérence du commerce pour ne garder que sa pratique de naturopathe et profiter de la vie. Hommage à cette Parisienne qui a choisi de faire son chemin à Saint-Sauveur… il y a 42 ans!

Le chemin parcouru

En 1970, alors qu’elle a 25 ans, Dominique Cloutier décide de venir vivre au Québec. Elle s’installe à Montréal, mais se sent vite attirée par l’air des montagnes. C’est alors qu’elle dépose ses pénates à Saint-Sauveur en 1973, où ses quatre enfants grandiront et où elle demeure toujours.

Naturopathe diplômée, elle ne reçoit la reconnaissance de sa profession au Québec qu’en 1984, alors qu’elle peut déjà exercer dans toutes les autres provinces du Canada, dans 27 États américains, en Suisse et en Angleterre!

En 1992, avec celle qui allait devenir la conjointe de son fils, elle rachète la boutique Santé Soleil sur la rue de la Gare. Afin de s’accorder un plus grand pouvoir d’achat, elles prennent, peu après, la bannière de

Rachelle-Béry et déménagent du petit local exigu pour poursuivre leur mission au sein des Factoreries en 1999. En avril 2006, la compagnie Sobey’s rachète la chaîne québécoise Rachelle-Béry, et Dominique signe une entente qui préservera son poste de naturopathe jusqu’au moment où elle sentira le temps venu de céder sa place… C’est en date de ce mercredi 26 août 2015 à 18 h que la cloche de la retraite sonne pour Dominique qui ne gardera, dès lors, que la pratique de sa passion, pour jouir plus largement des plaisirs de la vie.

Qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour la naturopathie?

Quand je faisais mon baccalauréat en psychologie, je me suis vite rendu compte que les gens qui me consultaient venaient souvent pour des problèmes psychosomatiques qui se reflétaient sur le physique. Je me suis alors demandé si ces gens ne guériraient pas plus vite si je les aidais plutôt physiquement. N’ayant toutefois pas l’intention de me lancer en médecine, j’ai choisi le chemin de la naturopathie. Ce qu’on ne sait peut-être pas de cette profession, c’est que les études sont très strictes et durent cinq ans. D’ailleurs, les cours des deux  premières années – anatomie, physiologie, pathologie –, sont identiques à ceux dispensés en médecine. Pour obtenir mon doctorat international, j’ai dû aller passer mes examens à Boston aux États-Unis!

Quelle évolution avez-vous remarquée dans l’exercice de votre profession?

Au début des années ’80, j’avais une clientèle de gens âgés, des femmes pour la plupart, qui venaient surtout chercher des tisanes… Les gens n’osaient par trop consulter pour les maladies, la médecine moderne étant très omniprésente. Petit à petit, ce qui m’a ravie, ça a été de voir arriver des jeunes adultes qui m’amenaient même leur bébé!

Quel a été le déclencheur à cette ouverture?

D’abord, on est tous plus ou moins écœurés par la malbouffe, Monsanto, les OGM, etc., ce qui a amené le biologique. Les gens réalisent qu’on se sent mieux quand on mange bien. En naturopathie propre, je crois que le système de santé insatisfaisant et le fait que les médecins prescrivent des médicaments, dont la liste des effets secondaires est plus longue que les bienfaits pour lesquels on le recommande, réveillent peu à peu les gens qui ne sont tout de même pas idiots! Il arrive souvent qu’on me consulte pour me demander l’équivalent du médicament chimique prescrit par le médecin, ou pour, au pire, me demander ce que je peux faire pour aider, alors qu’on obtient ni réponse ni solution à un mal du côté de la médecine! Je crois qu’il y a actuellement un mouvement global vers le mieux-être, le mieux-vivre, et un désir de se nettoyer et de s’éloigner des produits chimiques pour lequel le corps n’est pas fait ou n’est pas en mesure d’assimiler.

Qu’aimeriez-vous voir arriver sur le plan de l’éveil du monde médical en rapport avec ce que vous avez prôné et accompli durant toutes ces années?

Ce que j’aimerais voir arriver est ce qui est déjà en place en Australie où les médecins travaillent en collaboration avec un naturopathe, un acupuncteur, un ostéopathe, etc. Tous ensemble et en collaboration pour aider au mieux le patient, on y pratique ce qu’on appelle la médecine holistique.

En tant que naturopathe, j’aimerais que les médecins arrêtent de nous prendre au mieux pour des illuminés au pire pour des charlatans… parce que des charlatans, il y en a partout… et en médecine aussi! Parce que dans les faits, étudier en naturopathie c’est assez costaud, et personnellement je continue à apprendre constamment parce qu’en constante évolution.

D’ailleurs, mes chroniques Santé la vie! dans le journal Accès m’obligent à continuer de faire de la recherche pour être à jour et au fait de ce qui se passe dans le milieu, ce que je ferai tant et aussi longtemps que mon cerveau sera en mesure d’assimiler.

Des projets, Dominique?

Voyager! D’abord, continuer d’aller voir ma maman de 94 ans sur la Côte d’Azur, comme chaque année. Aller passer du temps chez une amie à Porto Rico; aller voir ce qu’il en retourne de ce système australien qui est un modèle médical qui engendre de bons résultats… et puis, j’aimerais marcher le chemin de Compostelle, pour moi, et aller au Tibet, pour mon âme. Voilà!

Dominique Cloutier, Natura Terra, 450 227-7955

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