Donnez-moi de l’oxygène

Par Josée Pilotte
Donnez-moi de l’oxygène

Non mais, il fait-tu assez frette au Québec?

Impossible de passer à côté du sujet puisqu’il ne semble plus avoir de fin, l’hiver.
Je ne sais pas s’il passera à l’histoire tant par sa longueur interminable que par l’impression de froid qu’il nous aura laissé sur la peau. Un hiver sans fin et aux discussions infinies tout comme semblent l’être les prochaines élections qui sont comme l’hiver: au début c’est excitant; au bout d’un moment c’est complètement déprimant et «boring»…

Je sais, je sais, ça vient tout juste de débuter (pas l’hiver, je le sais bien…) la course au pouvoir que déjà je suis blasée.

Mais j’avais envie qu’on me propose un réel projet de société, quelque chose de vrai, de bien senti.

Je suis plus capable d’entendre la même cassette, leur vieille rengaine, élections après élections. On commence à connaître la chanson par cœur depuis le temps: faut réduire la dette, faut avoir plus de médecins, faut créer plus d’emplois, faut augmenter les services, faut relancer l’économie, bla, bla, bla…

J’ai eu beau faire le tour de toutes leurs (plate)formes, il n’y a rien d’excitant. Avez-vous d’ailleurs à ce sujet visité les sites web des différents partis? C’est très révélateur…

Le PQ: beaucoup d’images… quant au contenu, comment dire? Il y aurait-tu un malaise avec la souveraineté? Est-ce tabou? Toujours est-il qu’il est le dernier onglet en haut de la page. À moins que ce ne soit une stratégie des pontes du PQ? Quant à la vision, on a droit à une table des matières digne d’un manuel scolaire.

PLQ: beaucoup de photos et quand on clique à la Une, on revient à la page d’accueil. Ça tourne en rond donc, ça commence bien! Pour connaître leur programme, allez dans «chef», puis cliquez sur «ma vision» pour se faire proposer quoi? La facilité (emploi, famille, santé, alouette…), la relance économique avec des projets d’infrastructures (youhou), et accrochez-vous bien «Refonder le partenariat…», bla bla bla…

Et comme projet de société, le PLQ a trouvé le moyen de piquer l’idée de l’autre en la rebaptisant «Stratégie maritime».

Passons à la CAQ: belles couleurs sur la page d’accueil. L’ère du 2.0 est en marche avec de belles vidéos. Quant au contenu, la vision, le programme, que dire? On les cherche encore.

Québec solidaire: première impression, on croirait consulter un site de yoga. Ça respire la zénitude. MAIS, le parti a au moins le mérite d’être clair sur ses intentions: avoir un Québec souverain, plus vert et plus juste. Que demander de plus pour être heureux?

Et le petit dernier, Option nationale: plus de contenu que d’images. Mais pas vraiment de quoi lever la fibre patriotique; au menu: Québec souverain, économie, éducation, santé, culture (un des seuls partis à en parler) et gouvernance, bla bla bla…

Bref, un tour instructif. Que de l’original, du sexy, du contenu qui va nous chercher aux tripes, qui donne le goût d’aller voter! Sarcastique moi? À peine!

Je pensais bien naïvement que la venue de PKP élèverait le débat sur les réels enjeux du Québec, amènerait les partis à nous proposer une vision du Québec de demain, à se dépasser pour nous faire lever le poil sur les bras.

Or jusqu’à maintenant, on assiste à une campagne vide de sens, vide de contenu, avec des formulations creuses, passe-partout que tu pourrais appliquer à l’un puis à l’autre. Ça ne vole pas haut: on nous propose des solutions day by day, pour répondre aux besoins de base – certes importants – mais qui ne font aucunement rêver.

Comment se fait-il que dans cette campagne, on parle d’un avant et d’un après PKP? Que s’est-il passé lors de sa déclaration d’investiture pour qu’on parle d’un tsunami? En l’espace d’une seconde, d’un poing levé, de quelques mots prononcés, il s’est produit quelque chose en nous. Quoi? Une émotion, déclenchée par une vision. Et on ne juge pas à savoir s’il s’agissait d’une vision positive (bâtir un pays pour les uns) ou négative (détruire un pays pour d’autres).

C’est comme si notre intérêt pour la politique était au point mort depuis des lunes et que PKP nous a servi un électrochoc, pour nous sortir de notre torpeur hivernale.

Non mais sérieusement, on nous prend-tu pour des valises? Sous prétexte de traverser une crise, il faudrait accepter des propositions, des slogans vides de sens, tous plus nuls les uns que les autres. Est-ce que le Québec va si mal pour qu’on nous propose autant de vide?

Donnez-nous de l’oxygène, please!

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