Douces bohémiennes

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Douces bohémiennes

Espace griffé

Par JOSÉE PILOTTE

Prendre la position de l’arbre et fixer l’horizon pendant une semaine, ça remet les choses en perpective, ça madame! Se sortir la tête de tous les problèmes du quotidien, en allant voir si tu existes ailleurs, ça me prenait ça.

Je suis donc partie une petite semaine dans une retraite de yoga faire quelques postures et me concentrer sur la respiration « ujjayi » qui signifie, « la victorieuse » en sanskrit. Cette technique de respiration permet de reprendre le contrôle de sa respiration et de ses pensées. N’est-ce pas merveilleux ?!

C’est donc à Tulum que j’ai déposé mes valises. Un petit centre qui offre le bruit de la mer comme musique d’ambiance et des jus verts en guise de rafraîchissement, mais aussi les meilleurs margaritas à l’heure de l’apéro. On est quand même en vacances!

L’endroit est visité en majorité par des femmes. Elles y viennent pour les mêmes raisons que moi, le yoga, le calme et la remise en forme. Durant mon séjour, j’ai pu observer un groupe de femmes plus âgées – genre bohémiennes aux cheveux blancs – qui se rassemblaient pour discuter, méditer et faire quelques rituels. Je me suis dit qu’elles devaient être de grandes sages ou des sorcières pour que, même à cet âge, encore, vouloir s’élever et apprendre sur elles-mêmes.

« Ça ne finit donc jamais ? », m’a-t-elle demandé.

« Quoi ça ? », lui répondis-je.

« Le travail sur nous-même ? »

« Je ne crois pas, non. Mais, tu sais, elles n’ont peut-être plus le goût de faire semblant. Elles ont peut-être atteint l’âge où elles se sacrent de tout pour être enfin libre. »

« Comme libre d’être soi-même au-delà des apparences et des conventions. En tout cas, moi j’aime croire que cela est possible. »Je les ai donc imaginé parler de liberté pendant une semaine. Je sais, j’ai beaucoup d’imagination. Je me suis même dit qu’elles étaient là pour guérir la Terre et se guérir elles-mêmes. Folle de même!

Elles méditaient afin de rendre notre monde meilleur en quelque sorte par leurs enseignements et leur grande expérience. Un genre d’hymne à la vie si vous voulez.

Je sais, je sais, c’est peut-être un brin optimiste comme façon de voir la vieillesse, mais ça fait du bien à l’âme de penser que, même à cet âge, on a un rôle important à jouer sur cette planète.

Bon, je vous rassure, je n’ai pas passé ma semaine à philosopher, mais cela m’a permis de m’observer et de me poser la question : Suis-je libre ? Suis-je libre d’être ce que je suis profondément ? Suis-je libre de suivre mon instinct ?

J’aimerais dire oui. Mais la réponse honnête est non, enfin, pas toujours.

Pour être libre, j’ai encore à apprendre à ne plus avoir peur d’être.

Je sais que plusieurs personnes ne se posent jamais ce genre de questions. On existe et c’est déjà assez. Mais pour d’autres, comme pour ces femmes à Tulum, exister, c’est grandir, c’est évoluer en travaillant sur soi. C’est exorciser ses démons pour se redonner du pouvoir.

Je les ai vues la tignasse blanche au vent, leurs visages ridés tournés vers le soleil.

Elles étaient là, assises en cercle, se tenant par la main à respirer la vie, la leur et celle de leur fille et de leur petite-fille, comme de vraies guerrières libres d’être ce qu’elles veulent être.

Et moi j’étais là, je les observais avec un sourire. Je respirais un grand coup en me disant… lâche prise, ton tour viendra!

Namasté.

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