École Chante-au-Vent : Des modulaires qui font jaser

Par Ève Ménard (journaliste de l'initiative locale)
École Chante-au-Vent : Des modulaires qui font jaser
Les modulaires seront installés dans la cour d’école de Chante-au-Vent. (Photo : Ève Ménard )

Dès la prochaine année scolaire, deux classes modulaires seront installées dans le périmètre de la cour de l’École Chante-au-Vent située à Sainte-Adèle. Cet ajout permettra d’accueillir deux classes de l’école voisine, l’école alternative L’Expédition, et de répondre à l’augmentation démographique du secteur.

Cette annonce suscite des inquiétudes et des incompréhensions chez certains parents de l’école Chante-au-Vent. Marie-Josée Lebel, notamment, déplore que l’ajout de modulaires empiètera sur la cour des élèves, en plus d’augmenter le nombre d’enfants présents à l’extérieur. Ayant déjà enseigné dans des installations temporaires de la sorte, elle se questionne aussi sur la qualité d’apprentissage offerte à l’intérieur des modulaires. « C’est très mal isolé. L’été, on surchauffe et l’hiver, les élèves gardent leur manteau. »

Le Centre de services scolaire des Laurentides (CSSL) se veut rassurant à cet effet. Stéphane Chaput, directeur général adjoint du CSSL et responsable du dossier, affirme que les nouveaux modulaires n’ont plus rien à voir avec les anciens. « Ils sont de bien meilleure qualité que, malheureusement, bien des classes dans nos bâtiments », affirme-t-il. Tout de même, le CSSL demeure conscient des inconvénients posés par l’ajout de modulaires en termes d’espace. Pour en réduire les contrecoups, on affirme que toutes les installations, les modules et les jeux seront conservés et déplacés de manière à demeurer accessibles. On a aussi fait le choix de modulaires superposés afin de réduire la perte d’espace.

Le musée Zénon-Alary, à oublier

Marie-Josée Lebel aurait préféré que le Centre de services scolaire favorise les locaux de la Fondation Zénon-Alary, situés à quelques minutes à pied de L’Expédition. Le CSSL avait déjà exploré la possibilité d’accueillir des élèves au musée Zénon-Alary au début de la dernière année scolaire. Or, l’édifice n’était pas conforme.

C’est ce que nous confirme aussi le vice-président du conseil d’administration de la Fondation Zénon-Alary, Denis Charbonneau. Notamment, le bâtiment ne possédait pas de système d’incendie adéquat et certains problèmes d’aménagement intérieur subsistaient. « Maintenant, on a un système d’alarme incendie conforme et on a aussi fait des ajustements au niveau de l’aération », affirme le vice-président. Ce dernier aurait été ouvert à rediscuter l’accueil d’élèves pour la prochaine rentrée. « C’était intéressant au plan financier pour la Fondation », précise-t-il. Finalement, après réflexion, le Centre de services scolaire a choisi de se tourner vers les modulaires.

Stéphane Chaput nous explique que le système d’incendie n’était qu’une problématique parmi d’autres. Le directeur adjoint précise qu’il y a aussi des normes scolaires à respecter. Ainsi, le va-et-vient d’adultes au musée ou encore l’absence d’installations récréatives à proximité posaient problème. D’autre part, au CSSL, on préférait ne pas isoler les élèves quelques rues plus loin. « On souhaite qu’aux récréations, les enfants puissent être avec les autres élèves, qu’ils bénéficient de la même surveillance et que les professeurs soient à proximité », indique le directeur général du CSSL, Sébastien Tardif.

Les écoles débordent

Actuellement, les trois écoles primaires de Sainte-Adèle dépassent leur capacité d’accueil. Dès la prochaine rentrée, L’Expédition accueillera 17 élèves de plus, l’école Saint-Joseph aura 24 élèves de plus entre ses murs et l’école Chante-Au-Vent accueillera un nouveau groupe en préscolaire 4 ans.

Le boom démographique, bien débuté depuis quelques années déjà dans les Laurentides, s’est accentué durant la pandémie. Cette réalité met de la pression sur la capacité d’accueil des écoles primaires de la région. Pour le CSSL, il allait de soi qu’une solution d’urgence s’imposait.

Le CSSL indique que l’installation temporaire de modulaires dans la cour de l’école Chante-au-Vent s’inscrit dans le processus normal d’une demande de construction, de reconstruction ou d’agrandissement adressée au ministère de l’Éducation.

Dans ce cas-ci, Sébastien Tardif précise qu’une demande de reconstruction de l’école Chante-au-Vent a été débutée en septembre 2020 auprès du ministère. On attend normalement une réponse pour le mois d’août. Si celle-ci est favorable, on calcule de 3 à 4 ans avant la finalisation des travaux. Le CSSL s’attend à pouvoir y accueillir des élèves pour la rentrée de septembre 2025.

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