(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Citoyens et commerçants devant le conseil municipal de la Ville de Saint-Sauveur. Monsieur Houde, un résident de 101 ans a pris la parole pour défendre l’identité de la région.

La parole citoyenne s’invite au débat

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Les compressions budgétaires annoncées par la Ville de Saint-Sauveur provoquent une vague de réactions, entre inquiétude, colère et appel au dialogue.

Depuis l’annonce de coupes touchant la culture, les événements et certains partenariats, les réactions citoyennes se multiplient à Saint-Sauveur. Lors de la plus récente séance du conseil municipal, la période de questions s’est prolongée bien au-delà du temps habituel, signe d’un malaise bien réel dans la population.

Une inquiétude largement partagée

Plusieurs citoyennes et citoyens ont exprimé la crainte de voir le village perdre ce qui fait sa signature. Pour plusieurs, les spectacles, les festivals et les activités publiques ne sont pas accessoires, mais essentiels à l’identité locale.

« Ce n’est pas juste une question de budget. Ce sont les événements qui donnent une identité au village et qui font que les gens ont envie d’y venir, d’y rester et d’y revenir », résume Pierre Cournoyer, rencontré après la séance du conseil.

Dans les commentaires et au micro, certains ont aussi évoqué l’exemple de Sainte-Agathe-des-Monts, autrefois perçue comme un pôle régional fort, aujourd’hui souvent décrite comme une ville de services. Pour ces voix, la disparition graduelle des événements peut entraîner un affaiblissement durable du centre-ville et de la vie commerciale.

Des retombées économiques au cœur des échanges

Les inquiétudes ne sont pas uniquement symboliques. Plusieurs intervenants ont insisté sur les effets concrets des coupes annoncées. « Quand on coupe dans les événements, on coupe dans ce qui fait venir le monde au village. Après ça, on s’étonne que les commerces aient plus de difficulté », explique Pierre Cournoyer.

Selon lui, l’impact dépasse largement le cadre touristique. « Les commerçants sont aussi ceux qui commanditent les équipes sportives, les activités pour les jeunes et plusieurs organismes. Si on fragilise les commerces, tout le reste suit. »

D’autres personnes ont évoqué des hausses de revenus de 25 % à 35 % lors des fins de semaine animées, rappelant que l’achalandage généré par les événements bénéficie à l’ensemble de l’écosystème local. « Couper dans événements, c’est une perte économique pour les commerçants, mais aussi pour la ville », a indiqué monsieur Patrick Legault renchérissant que « les événements donnent de la valeur à nos maisons et nos bâtiments commerciaux », a indiqué monsieur Patrick Legault.

Culture et familles, un faux dilemme

Une partie des citoyens remet en question l’idée qu’il faille opposer activités familiales et offre culturelle. « Un spectacle pour les familles en après-midi et un autre en soirée, ça peut très bien cohabiter », a fait valoir un participant, estimant que la diversité de l’offre est justement ce qui attire des publics variés.

Plusieurs ont aussi demandé un statu quo pour 2026, afin de permettre une analyse plus approfondie et d’éviter des décisions prises dans l’urgence. « On peut améliorer, ajuster, mieux planifier. Mais couper rapidement, c’est risqué », résume Pierre Cournoyer.

Un débat loin d’être clos

Si le conseil municipal affirme vouloir poursuivre le dialogue avec les partenaires, les citoyennes et citoyens rencontrés souhaitent des gestes concrets et rapides. Pour plusieurs, l’enjeu dépasse les chiffres. Il touche directement à la vitalité, à l’identité et à l’avenir du village.

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