(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Johanne Martineau Elbilia devant son commerce Merci la vie à Piedmont

« L’âme du village pourrait être fragilisée »

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

La décision de réduire de plus de moitié le financement de la Chambre de commerce continue de provoquer des réactions dans le milieu d’affaires de Saint-Sauveur.

Une parole posée, sous le soleil

Assise dans la cabane à côté de son établissement entre les rayons du soleil qui entrent par la grande fenêtre et sa plus jeune fille, Charlotte, Johanne Martineau Elbibia parle d’une voix posée, mais déterminée. La propriétaire de Merci la vie ne cache pas sa déception. « Je comprends la rigueur budgétaire. On la vit aussi comme entreprise. Mais il y a des endroits où couper, ce n’est pas la bonne décision », affirme-t-elle.

Pour elle, la réduction du soutien municipal à la Chambre de commerce touche directement « l’âme du village ». Elle évoque les concerts estivaux, les défilés, le festival Western, les activités familiales. « Ce sont des souvenirs pour des milliers de personnes. C’est une énergie. Une joie. »

Johanne insiste sur l’effet collectif de ces rendez-vous. « Tout est interrelié. La chorale des jeunes, les dons, les restaurants, les boutiques. Ce ne sont pas juste des spectacles, c’est un écosystème. »

Le statu quo réclamé

Lors de la séance du conseil municipal, elle a demandé que la décision soit revue et que l’enveloppe budgétaire soit maintenue pour 2026. « Donnons-nous un an. Assoyons-nous ensemble, la Ville, la Chambre, des représentants du milieu, et trouvons des solutions pour la suite. »

Selon elle, la rapidité de la coupe pose problème. « Dans un début de mandat, on ne peut pas arriver avec un changement aussi majeur sans transition. » Elle remet aussi en question l’analyse économique derrière la décision. « Quand la question des retombées a été posée, on a répondu qu’il n’y avait pas de données précises. On ne coupe pas avant d’avoir fait tous nos devoirs. »

Culture et sport, un faux choix

Le maire a indiqué vouloir prioriser le sport et le plein air, attirer et protéger les familles et limiter la hausse des taxes. Johanne ne voit pas d’opposition entre ces pôles et la culture. « C’est un équilibre. Un esprit sain dans un corps sain. Mes enfants ont fait du sport et des arts. Les festivals, c’est familial. Les familles en bénéficient énormément. »

Elle rejette aussi l’idée que la culture appartiendrait davantage aux grands centres. « La culture ne doit pas rester à Montréal. Le Festival des arts, par exemple, a des retombées importantes pour les commerces ici. » À court terme, elle croit que l’impact sera perceptible. « Cette année, les gens viendront. Mais si l’offre diminue, c’est dans deux étés qu’on va sentir le dégât. »

Appuis du milieu

Merci la vie n’est pas seule. Tapas Nena a exprimé son appui publiquement, rappelant que « les événements, l’animation et l’achalandage contribuent directement à l’économie locale ». De son côté, Le Lounge parle d’un « soutien essentiel » pour les entreprises locales et d’une menace pour la compétitivité régionale.

Johanne affirme avoir reçu de nombreux messages d’encouragement depuis la publication de sa lettre. « Je suis exposée quand je prends position, mais j’ai eu que du positif. Les gens tiennent à leur village. »

Pour elle, l’enjeu dépasse un simple poste budgétaire. « On a choisi de s’installer ici pour cette vitalité. On ne peut pas fragiliser ce qui fait venir les gens et ensuite espérer que l’économie reste la même. »

La Ville et la Chambre doivent se rencontrer dans les prochains jours. Reste à voir si le dialogue mènera à un compromis ou à un virage durable dans l’identité de Saint-Sauveur.

Michael Gevers de King C pose des questions au conseil municipal de la Ville de Saint-Sauveur concernant les coupes à la Chambre de commerce.

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