Entre rigueur budgétaire et vitalité Saint-Sauveur cherche l’équilibre
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
La Chambre de commerce et la Ville de Saint-Sauveur campent sur des positions différentes quant au financement et à l’organisation des événements de 2026, malgré l’existence d’un protocole d’entente signé à l’automne.
La Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur et Piedmont a récemment interpellé les élus municipaux par lettre, les avisant qu’elle pourrait devoir annuler plusieurs activités prévues en 2026 si les compressions budgétaires annoncées par la Ville sont maintenues. « Nous sommes malheureusement dans l’obligation d’annuler plusieurs activités majeures prévues au calendrier 2026 », écrit le conseil d’administration.
La Chambre y précise qu’elle ne peut planifier ni conclure d’ententes contractuelles sans « la garantie d’un financement adéquat et stable ». Les activités mentionnées incluent notamment la série Ça me dit Concert, le Week-end Country, le Festival des Rythmes latins, le Parcours d’Halloween et le Défilé du Père Noël.
Un protocole reconnu, mais non prioritaire
Dans sa lettre, la Chambre fait référence au protocole d’entente liant les deux organisations depuis le 30 octobre 2025. Ce document encadre les contributions financières et non monétaires, la programmation annuelle et prévoit la création d’une Commission de développement économique et touristique.
Interrogé à la suite de cette sortie, le maire Luc Martel a commenté la portée de cette entente. « Le protocole est signé… mais ça ne faisait pas partie de nos engagements [électoraux] de respecter le protocole », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé l’engagement de son administration en matière de fiscalité. « Notre engagement, c’était de maintenir le taux de taxation des citoyens à un niveau égal ou inférieur à l’inflation. »
Une lecture différente de la situation

Le maire soutient que la sortie publique de la Chambre contribue à un climat d’inquiétude. « On fait peur à tout le monde », a-t-il affirmé.
Il estime que les décisions budgétaires doivent s’appuyer sur des données mesurables. « Ça prend des chiffres. Ça prend des retombées économiques », a-t-il insisté, évoquant une approche de saine gestion des fonds publics.
Sur le plan des orientations, le maire a aussi exprimé sa volonté de privilégier une offre événementielle tournée vers les familles. « Si on veut attirer des jeunes familles et les garder ici, il faut des activités qui leur ressemblent », a-t-il dit.
Il a par ailleurs évoqué plusieurs projets municipaux qu’il souhaite prioriser, dont « une piste à rouleaux (pumptrack) », « un toit pour la dalle de béton de la patinoire » et « un parc à chiens ».
Une ouverture évoquée, un mécanisme réclamé
Dans ses échanges, le maire a cité Claude Rodrigue, fondateur du Musée Rodrigue. « Il faut humaniser le service aux citoyens et à la Chambre de commerce », a-t-il rapporté. Un commentaire accueilli favorablement par la Chambre, qui y voit un signal d’ouverture, tout en maintenant que le cadre de travail doit être clarifié.
De son côté, la Chambre affirme que la planification du calendrier 2026 atteint un seuil critique. « À partir du mois de mars », soutient-elle, il ne sera plus possible de revenir en arrière pour organiser normalement les événements.
L’organisation insiste également sur l’application du point 13 du protocole, qui prévoit la mise sur pied d’une Commission de développement économique et touristique chargée d’analyser les enjeux et de formuler des recommandations au conseil municipal.
À ce jour, aucune rencontre formelle entre la Ville et la Chambre n’a été annoncée. Alors que l’une met de l’avant la rigueur budgétaire et la priorisation des investissements, l’autre réclame un cadre stable et prévisible. Entre les deux, l’échéancier avance, et l’issue du calendrier événementiel de 2026 demeure incertaine.