(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)

Saint-Sauveur : croissance immobilière freinée par les égouts

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Un règlement provisoire pour freiner le développement à Saint-Sauveur provoque incompréhension et colère chez plusieurs citoyens et promoteurs.

La consultation publique tenue lundi soir à Saint-Sauveur a rapidement pris des allures de séance sous tension. En cause, le projet de règlement 617-2026, qui vise à limiter temporairement toute construction ou modification susceptible d’augmenter les rejets d’eaux usées. « On ne peut pas continuer comme si de rien n’était », a résumé le directeur général Jean-Philippe Gadbois, en rappelant que le réseau fonctionne désormais à 97,5 % de sa capacité.

Adopté en vertu de la Loi sur les compétences municipales, le règlement prévoit un gel pouvant durer jusqu’à deux ans. Il touche l’ensemble du périmètre urbain, avec quelques exceptions, notamment pour les projets qui n’augmentent pas le débit ou ceux déjà autorisés.

Une anomalie difficile à expliquer

Au cœur du problème, un bond soudain observé en 2025. « Ce n’est pas la croissance immobilière », a insisté Gadbois. « Il y a une anomalie. » Les analyses pointent vers une forte présence d’eaux parasitaires, provenant notamment d’infiltrations dans le réseau. Selon les données présentées, elles représenteraient environ 50 % des volumes traités, alors que la norme se situe plutôt entre 20 % et 30 %. Résultat, l’eau circule trop rapidement dans les bassins. Le traitement devient moins efficace et des coliformes peuvent être rejetés dans la rivière du Nord.

Des projets bloqués, des millions en jeu

Dans la salle, plusieurs ont exprimé leur frustration. « On a investi des centaines de milliers de dollars, et là tout est gelé », a lancé un citoyen.

D’autres ont contesté l’absence de solutions transitoires. « Pourquoi ne pas permettre les projets qui n’augmentent pas le débit? » a demandé un courtier immobilier.

Des promoteurs ont aussi évoqué des ententes déjà signées avec la Ville, des rues construites et des projets avancés dans le processus municipal.

Un constat revient. Le règlement, même temporaire, crée de l’incertitude.

Trouver la fuite… et du temps

La Ville affirme déjà intervenir pour réduire les infiltrations, mais reconnaît la complexité du réseau. « Ce n’est pas une science exacte », a expliqué Gadbois. « On peut chercher longtemps avant de trouver. » Il enchérit en disant que c’est « il y a 20 ou 30 ans, les élus auraient dû faire quelque chose. »

En parallèle, un projet d’agrandissement des installations est en préparation depuis 2020. Les coûts pourraient atteindre près de 20 millions de dollars. Mais pour plusieurs, l’urgence est ailleurs. « Le bateau prend l’eau. Il faut colmater avant de reconstruire », a résumé un citoyen.

Un enjeu qui dépasse Saint-Sauveur

En toile de fond, la situation locale reflète un problème plus large. Selon l’Union des municipalités du Québec, le déficit de maintien des infrastructures municipales atteint environ 45 milliards de dollars, alors que les investissements publics demeurent limités.

À Saint-Sauveur comme ailleurs, la pression s’accentue. Et la question reste entière : faut-il ralentir pour réparer… ou réparer assez vite pour continuer?

Toilette ≠ poubelle

Seulement 3 choses :

  • Excréments
  • Urine
  • Papier hygiénique

Tout le reste va à la poubelle :

  • Lingettes, même « flushable »
  • Tampons et serviettes hygiéniques
  • Coton-Tiges
  • Cheveux et soie dentaire
  • Condoms
  • Couches
  • Litière à chat
  • Graisses et restes alimentaires
  • Médicaments

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