(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)

Catherine Hamé sonne l’alarme sur l’identité des Pays-d’en-Haut

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Pour la préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut, les tensions actuelles autour du financement de la Chambre de commerce de Saint-Sauveur-Piedmont révèlent un enjeu plus vaste: protéger l’identité régionale qui soutient la vitalité économique et sociale du territoire.

Sans vouloir s’ingérer dans les décisions d’une municipalité, la préfète Catherine Hamé dit suivre de près ce qui se dit sur la place publique. « Quand j’ai vu des citoyens remettre en question l’identité même de notre région, je trouve ça alarmant », affirme-t-elle. « Cette identité n’est pas le fruit du hasard. Les Pays-d’en-Haut se sont construits autour du récréotourisme, du plein air et d’une vie culturelle qui attirent les gens ici depuis des générations. »

Une identité forte, mais fragile

Selon elle, la région bénéficie d’un avantage rare au Québec. « On a la chance d’avoir une identité régionale très forte, qui attire des visiteurs et soutient une qualité de vie exceptionnelle. Parfois, j’ai l’impression qu’on la prend pour acquise. »

Catherine Hamé rappelle que l’histoire régionale montre à quel point une perte de vitalité peut laisser des traces durables. « Quand une ville se dévitalise, les commerces ferment, la valeur foncière chute, et les citoyens perdent une qualité de vie qui semblait acquise. Ces signaux-là, on ne peut pas les prendre à la légère. »

Culture et plein air, un tandem

Pour la préfète, l’erreur serait d’opposer les piliers de l’attractivité régionale. « Dans la stratégie de développement économique, le plein air et la culture vont ensemble. Quand il ne fait pas beau, la culture prend le relais. Ce sont deux moteurs complémentaires. »

Elle insiste aussi sur le rôle des visiteurs dans l’équilibre économique des villages. « On n’a pas une densité de population assez forte pour se payer tout ça sans l’apport du récréotourisme. Ça nourrit les restaurants, les commerces, et ça soutient des services. »

La MRC ne peut pas compenser les coupes

Sur la question financière, Catherine Hamé tient à clarifier une perception qui circule. La MRC, dit-elle, ne peut pas simplement remplacer les sommes retranchées par une municipalité. « J’ai quatre chambres de commerce sur mon territoire. Ce que j’offre à une chambre de commerce, il faut que je sois en mesure de l’offrir aux autres. Je dois être équitable avec tout le monde. »

La MRC peut toutefois soutenir des initiatives par des programmes encadrés. « On gère des enveloppes provenant notamment du gouvernement, avec des priorités régionales et des règles. Les organisations peuvent soumettre des projets, et il y a un comité de sélection. Mais ce sont des programmes, pas un mécanisme pour pallier directement une coupure municipale. »

Ramener de la stabilité

Pour la préfète, l’essentiel se joue maintenant dans la capacité du milieu à retrouver un terrain d’entente. « Les transitions, ça se planifie. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, et ça ne se fait pas selon les conditions d’une seule personne. »

Son message reste le même. « Il faut protéger ce qui fait notre signature régionale. C’est ce moteur-là qui permet aujourd’hui aux Pays-d’en-Haut de se distinguer. »

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