(Photo : Photo Médialo — Nordy - Davy Lopez)

La vitalité de Saint-Sauveur menacée

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Commerçants et citoyens sonnent l’alarme après les coupes budgétaires qui fragilisent la Chambre de commerce, le Festival des Arts et le Musée du ski, trois piliers de la vitalité sauveuroise.

La décision du conseil municipal de réduire de façon marquée le soutien financier à la Chambre de commerce Vallée Saint-Sauveur-Piedmont, au Festival des Arts de Saint-Sauveur et au Musée du ski a provoqué une onde de choc. Dans les derniers jours, lettres ouvertes, témoignages et commentaires se sont multipliés. Tous ne disent pas la même chose, mais un fil conducteur émerge: la crainte de voir s’effriter ce qui fait de Saint-Sauveur un village vivant et attractif.

Pour plusieurs commerçants, ces compressions ne relèvent pas d’un simple ajustement comptable. « Couper dans ces organisations, c’est affaiblir notre tissu économique, culturel et social », écrit Hugues Néron, propriétaire du Saint-Sau Pub Gourmand. « C’est envoyer le message que ce qui nous rassemble n’a plus d’importance. »

Le moteur de l’achalandage

Sur le terrain, l’impact est perçu comme immédiat. Restauratrice depuis peu à Saint-Sauveur, Sandra Côté, de Loiseau d’à côté, explique avoir choisi le village précisément pour son dynamisme. « Saint-Sauveur nous attirait par ses festivités, par sa vie commerciale, par cette impression que ça bouge été comme hiver. Monter une clientèle, c’est long. La perdre, c’est rapide. »

Même constat du côté de Carole Vaillancourt, commerçante et résidente du cœur du village. « Les festivités apportent de la vie, de la chaleur, de l’achalandage. Sans ça, les gens sortent moins et vont chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus ici. »

Plusieurs rappellent que ces événements gratuits attirent des dizaines de milliers de personnes chaque année. Hugues Néron dresse la liste: « Dehors les concerts, dehors le Festival latin, dehors le défilé de Noël et celui de l’Halloween. Ce sont des rendez-vous familiaux qui font battre le cœur du village. »

Une valeur économique en jeu

L’argument économique revient avec insistance. Courtier immobilier depuis plus de 20 ans, Louis-Charles Ménard souligne le lien direct entre vitalité touristique et valeur foncière. « Les municipalités où le prix moyen des propriétés est le plus élevé sont celles à forte activité touristique, comme Tremblant, Saint-Sauveur et Sainte-Adèle. Si le village s’éteint, la valeur des propriétés va finir par être affectée. »

Howard Sauvé, de la Brûlerie des Monts, insiste sur une autre donnée. « Les commerces paient près de quatre fois le taux de taxation résidentiel. Réduire le soutien aux outils qui maintiennent leur vitalité, c’est accepter une érosion prévisible de la base fiscale commerciale. » Dans une lettre ouverte, il rappelle aussi que la Ville disposait d’un surplus accumulé de plus de 6 M$ en 2023, une avenue qui, selon lui, méritait d’être examinée pour éviter des coupes aux effets irréversibles.

Une mémoire collective oubliée

Ancienne élue municipale, Diane Dufour-Flynn replace le débat dans une perspective historique. « Quand on a commencé à soutenir la Chambre de commerce, c’était parce que le centre villageois dépérissait. Après l’instauration des activités, on a vu les touristes rester plus longtemps, marcher dans le village, fréquenter les restaurants et les boutiques. »

Michel Gevers, impliqué pendant plus de 20 ans au sein de la Chambre, va dans le même sens. « Cette entente a permis de sortir du mode survie et de bâtir une vision durable. Couper 60 % du financement aujourd’hui, pour environ 1 % du budget municipal, est difficile à comprendre. »

Des citoyens divisés

Tous ne partagent toutefois pas cette lecture. Dans les commentaires, certains citoyens évoquent la congestion, la pression sur les infrastructures et l’environnement. « La vitalité touristique a un coût pour la qualité de vie des résidents », écrit un citoyen anonyme, saluant le courage du conseil de vouloir rétablir un équilibre.

D’autres, comme François Décarie, résident de Morin-Heights, rappellent l’interdépendance régionale. « Saint-Sauveur est un pôle pour toute la vallée. Fragiliser ses moteurs économiques aura des répercussions bien au-delà de ses frontières. »

Le risque du village fantôme

« Si on enlève ce qui fait rester les gens au village, ils continueront d’aller à la montagne, mais repartiront aussitôt sans manger, sans magasiner ni envisager de s’y établir », résume Hugues Néron, une inquiétude largement partagée par plusieurs commerçants et acteurs du milieu. « Et à terme, ce sont aussi les citoyens qui en paieront le prix. »

Christian Jasmin le formule à sa manière, en évoquant la Parade de Noël. « Vingt-six ans de travail pour bâtir un événement rassembleur. Les vides créés seront comblés ailleurs, mais peu de villes ont une rue principale aussi magique. »

À Saint-Sauveur, le débat dépasse désormais les chiffres. Il touche à l’identité même du village et à la question que plusieurs posent, parfois avec inquiétude: quel avenir veut-on pour le cœur de la vallée?

7 commentaires

  1. Ou qu on aille st-sauveur est connu de partout très beau village moi où je demeure tranquillité et si je veux voir le monde à deux pas de chez moi c est ce que j aime de st sauveur proche de tout et on touche pas au festival des arts c est sacré c est touristique ici alors c est normal le touriste.

  2. C est sur que l économie est attribué au différent attractions. Moi si je veut aller vivre a St Sauveur et bien l achalandage vient AVEC. Si non je vais ailleurs

  3. Depuis.le.temps ces événements se doivent d etre rentables. Le financement n est pas un puits sans.fond. Les restaurateurs qui se.plaignent vivent sur la.reputation que d’ autres restaurateurs ont bati sans subvention et faits les beaux jours de st Sauveur maintenant c est a.leur tour.

  4. On présente peu de l’autre côté de la médaille. On ne peut s’empêcher de se questionner sur une opération de lobbying du journal envers ses annonceurs. Les propos ne semblent pas tenir compte de plusieurs points: 1. Le risque de village fantôme, est fortement exagérée. La population de St-Sauveur et de la MRC n’est plus du tout la même que celle qu’elle était lors de l’avènement de Tremblant qui avait alors fait très mal à St-Sauveur. 2. La capacité de payer des citoyens est très près de son seuil maximal.
    Subventionner autant d’événements destinés à une clientèle extérieure a une limite. Il faut maintenir un équilibre. Est-ce que d’avoir des événements à tous les week-ends est vraiment nécessaire. Peut-on avoir d’avantage de Focus. 3. Les villes ne PEUVENT PAS LÉGALEMENT et ne devraient pas non plus faire de déficits. On parle ici de sommes importantes qui doivent être utilisées pour gérer nos infrastructures. On doit établir nos priorités! Et donner de l’eau à ceux qui en ont pas est sûrement plus important que de subventionner une exposition de voitures anciennes. 4. Avec le bassin de résidents permanents qui s’est agrandi, peut-on cesser de miser uniquement sur le tourisme et promouvoir davantage auprès de la clientèle régionale.

    Comme citoyenne, je reconnais le droit aux contribuables commerciaux de s’exprimer. Mais monsieur Jasmin doit comprendre que ce que les citoyens donnent à la ville en taxes qui ne cessent d’augmenter, ils ne le mettent pas en épicerie. Il en est de même pour les restaurants.

  5. Je suis native de Saint-Sauveur et ma famille a participé grandement et fièrement aux développements et améliorations, qui ont mené le petit Village et la Paroisse de Saint-Sauveur à devenir la Ville de Saint-Sauveur avec la notoriété à grande échelle qu’on lui connait aujourd’hui. Du développement culturel à l’hôtellerie, du scolaire à l’hébergement pour aînés ou du divertissement au soutien à la population dans le besoin, Saint-Sauveur à su s’occuper de ses résidents, innover à plusieurs niveaux, et a su maintenir une vitesse de croisière afin d’attirer résidents, commerçants, spécialistes, artistes et j’en passe.

    Aujourd’hui, le succès de cette vitalité touristique, doit demeurer fort afin de ne pas perdre nos acquis et passer à la remorque des autres villes. Ce succès doit profiter à tous, sans diminuer la qualité de vie des résidents. Un équilibre dans les décisions futures s’impose afin de ne pas perdre la qualité de notre grande réputation, sans oublier la revitalisation de certains immeubles qui n’ont plus rien à offrir.

  6. Too much traffic and congestion leads to a deterioration of quality of life for residents who are paying relatively high rates of taxation. There is only so much $$ to fund local infrastructure without catering to outsiders all the time. People will still come to the area for skiing, summer cottages and to get away for fresh air, clean water and outdoor activities. Perhaps, there are too many restaurants. Over the years, I`ve witnessed a continual turn-over of restaurants – it is called survival of the fittest. I support FASS, les Sommets and many good quality restaurants and other businesses. Too much traffic causes wear and tear of roads which costs $$ to repair. St-Sauveur is becoming the victim of its own success like Morin Heights. The more people who move here the greater the stress on municipal services, infrastructure, roads, schools, housing, health services, etc. This demographic shift has been going on for the last decade at least – it is not sustainable. Perhaps it is time to limit some spending to slow down this run-away train.

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