Commerçants et citoyens sonnent l’alarme après les coupes budgétaires qui fragilisent la Chambre de commerce, le Festival des Arts et le Musée du ski, trois piliers de la vitalité sauveuroise.
La décision du conseil municipal de réduire de façon marquée le soutien financier à la Chambre de commerce Vallée Saint-Sauveur-Piedmont, au Festival des Arts de Saint-Sauveur et au Musée du ski a provoqué une onde de choc. Dans les derniers jours, lettres ouvertes, témoignages et commentaires se sont multipliés. Tous ne disent pas la même chose, mais un fil conducteur émerge: la crainte de voir s’effriter ce qui fait de Saint-Sauveur un village vivant et attractif.
Pour plusieurs commerçants, ces compressions ne relèvent pas d’un simple ajustement comptable. « Couper dans ces organisations, c’est affaiblir notre tissu économique, culturel et social », écrit Hugues Néron, propriétaire du Saint-Sau Pub Gourmand. « C’est envoyer le message que ce qui nous rassemble n’a plus d’importance. »
Le moteur de l’achalandage
Sur le terrain, l’impact est perçu comme immédiat. Restauratrice depuis peu à Saint-Sauveur, Sandra Côté, de L’Oiseau d’à côté, explique avoir choisi le village précisément pour son dynamisme. « Saint-Sauveur nous attirait par ses festivités, par sa vie commerciale, par cette impression que ça bouge été comme hiver. Monter une clientèle, c’est long. La perdre, c’est rapide. »
Même constat du côté de Carole Vaillancourt, commerçante et résidente du cœur du village. « Les festivités apportent de la vie, de la chaleur, de l’achalandage. Sans ça, les gens sortent moins et vont chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus ici. »
Plusieurs rappellent que ces événements gratuits attirent des dizaines de milliers de personnes chaque année. Hugues Néron dresse la liste: « Dehors les concerts, dehors le Festival latin, dehors le défilé de Noël et celui de l’Halloween. Ce sont des rendez-vous familiaux qui font battre le cœur du village. »
Une valeur économique en jeu
L’argument économique revient avec insistance. Courtier immobilier depuis plus de 20 ans, Louis-Charles Ménard souligne le lien direct entre vitalité touristique et valeur foncière. « Les municipalités où le prix moyen des propriétés est le plus élevé sont celles à forte activité touristique, comme Tremblant, Saint-Sauveur et Sainte-Adèle. Si le village s’éteint, la valeur des propriétés va finir par être affectée. »
Howard Sauvé, de la Brûlerie des Monts, insiste sur une autre donnée. « Les commerces paient près de quatre fois le taux de taxation résidentiel. Réduire le soutien aux outils qui maintiennent leur vitalité, c’est accepter une érosion prévisible de la base fiscale commerciale. » Dans une lettre ouverte, il rappelle aussi que la Ville disposait d’un surplus accumulé de plus de 6 M$ en 2023, une avenue qui, selon lui, méritait d’être examinée pour éviter des coupes aux effets irréversibles.
Une mémoire collective oubliée
Ancienne élue municipale, Diane Dufour-Flynn replace le débat dans une perspective historique. « Quand on a commencé à soutenir la Chambre de commerce, c’était parce que le centre villageois dépérissait. Après l’instauration des activités, on a vu les touristes rester plus longtemps, marcher dans le village, fréquenter les restaurants et les boutiques. »
Michel Gevers, impliqué pendant plus de 20 ans au sein de la Chambre, va dans le même sens. « Cette entente a permis de sortir du mode survie et de bâtir une vision durable. Couper 60 % du financement aujourd’hui, pour environ 1 % du budget municipal, est difficile à comprendre. »
Des citoyens divisés
Tous ne partagent toutefois pas cette lecture. Dans les commentaires, certains citoyens évoquent la congestion, la pression sur les infrastructures et l’environnement. « La vitalité touristique a un coût pour la qualité de vie des résidents », écrit un citoyen anonyme, saluant le courage du conseil de vouloir rétablir un équilibre.
D’autres, comme François Décarie, résident de Morin-Heights, rappellent l’interdépendance régionale. « Saint-Sauveur est un pôle pour toute la vallée. Fragiliser ses moteurs économiques aura des répercussions bien au-delà de ses frontières. »
Le risque du village fantôme
« Si on enlève ce qui fait rester les gens au village, ils continueront d’aller à la montagne, mais repartiront aussitôt sans manger, sans magasiner ni envisager de s’y établir », résume Hugues Néron, une inquiétude largement partagée par plusieurs commerçants et acteurs du milieu. « Et à terme, ce sont aussi les citoyens qui en paieront le prix. »
Christian Jasmin le formule à sa manière, en évoquant la Parade de Noël. « Vingt-six ans de travail pour bâtir un événement rassembleur. Les vides créés seront comblés ailleurs, mais peu de villes ont une rue principale aussi magique. »
À Saint-Sauveur, le débat dépasse désormais les chiffres. Il touche à l’identité même du village et à la question que plusieurs posent, parfois avec inquiétude: quel avenir veut-on pour le cœur de la vallée?
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