En avant mars!

Par Mimi Legault
En avant mars!

C’est le printemps! Les arbres et les ados bourgeonnent! Samedi dernier, je suis passée devant l’église, rue Principale, c’était bondé de monde. Ça souriait, ça riait. Vous étiez comme des petits veaux au printemps que l’on sort de l’étable pour la première fois. Moi-même, j’ai offert mon visage (couvert) à la caresse presque salée d’un petit vent qui sentait bon comme une haleine d’enfant.

Pour un moment, j’ai oublié la saison blanche que l’on venait de traverser, confinée dans nos retranchements. Car ce qu’il y a de bien avec le printemps, c’est qu’il se montre le bout du nez au moment où on en a tant besoin. Cette année particulièrement…C’est Albert Brie qui avait eu ce mot : l’hiver, une saison morte? Allez donc, je ne connais rien qui ait la vie aussi dure! Quand même, on est passé au travers.

Méfions-nous cependant. Le premier jour du printemps (20 mars) est une chose et le premier véritable jour printanier en est un autre. Entre les deux, il y a parfois un écart de plusieurs semaines… C’est la saison où le même jour, on peut avoir de la pluie, de la neige et du soleil! Mars est un enfant aux bottes boueuses avec une pelle dans les mains. Une tempête peut encore nous tomber dessus comme la misère sur le pauvre monde.

Ça me rappelle qu’un jour où il faisait un temps beaucoup trop doux pour une fin de février qui agonisait, j’avais demandé au facteur s’il croyait que le printemps était arrivé. Il m’avait répondu : non, c’est simplement l’hiver qui recule pour mieux nous sauter dessus!   

On sait que le printemps est proche quand je vois revenir le bleu des lacs dans les yeux du beau-frère pêcheur. Le chien qui se roule sur la terre fraîche, grand-mère qui se berce sur son perron, l’enfant qui ne rate aucune flaque d’eau, ça, c’est du printemps en canne!

Et puis, cette belle pensée de Toulet : il y a des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l’air de pleurer de joie! Et ce mot de J. Michel Wyl : le printemps, c’est l’été en pièces détachées. C’est magique cette saison, il apparaît et une fois de plus, nous retombons en enfance.

J’ai une pensée pour nos personnes âgées qui ont eu froid dans le corps et dans le cœur surtout. J’ai entendu un vieux monsieur dire à sa femme qui voulait savoir si le lendemain, il allait neiger. Il a répondu : on écoute la météo ou mes rhumatismes? Mais cette fois est la bonne, le froid a relâché son étreinte. Assise sur la terrasse, je verrai bientôt le soleil se coucher derrière un mont qu’il aura trouvé, il s’y cachera, se glissera tranquillement en laissant dans le ciel une lueur de satisfaction.

Le printemps, c’est une nouvelle pousse, une feuille qui se déploie, une fleur en bouton, une abeille qui butine. Tiens, me voilà rendue poète. Pouette, pouette… Mais je vous laisse sur les mots d’un véritable poète, notre Félix national avec son calendrier rural : d’abord les perce-neige avec les corneilles. Après les pissenlits avec les étourneaux. Puis les marguerites avec les hirondelles. Plus tard les foins et les alouettes. Les pommes avec les oies blanches. Après les choux avec les chevreuils, la neige et les geais bleus, les poudreries avec les mésanges. Avril apparaît et tout recommence…

Pour finir, ce mot d’enfant : le printemps, c’est quand la neige fond et qu’elle repousse en gazon.

mimilego@cgocable.ca

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