Éric Gagné et les Grecs

Par Alain Messier

Dans la Grèce antique, berceau des Jeux Olympiques, qui était à l’origine une trêve décrétée entre deux nations en guerre, la civilisation hellénistique porta une attention particulière aux soins du corps et à l’éducation physique, notamment dans la ville de Sparte. Cette éducation était si rude que de nos jours subsiste dans le vocabulaire l’expression avoir une éducation spartiate, plusieurs équi­pes de football contemporaine ont adopté le mot spartiate pour souligner l’identité de leurs équipes. Très tôt dans les entraînements physiques préparatoires aux Jeux Olympiques vit-on apparaître des comportements et des habitudes pour améliorer les performances, ainsi à tout âge l’athlète grec s’exerçait complètement nu, règle établit dès le 8e siècle que l’on considérait alors comme un progrès technique ayant renoncé au petit caleçon collant des Minoens.

Rappelons que les membres des équipes de natation contemporaines se rasent complètement le crâne pour améliorer leur glissement sous l’eau et ainsi éroder les précieux millièmes de secondes pour obtenir la victoire.

Les Grecs avaient aussi adopté l’usage des frictions avec onction d’huile.

Les massages répondant à des directives bien précises avant et après la pratique de son sport, permettaient à l’athlète d’être prêt à l’effort et de bien en récupérer. Les huiles étaient une part importante du fonctionnement des gymnases et des palestres, le flacon d’huile faisait partie de la trousse du jeune athlète…

On se servait aussi de l’huile de telle façon que l’adversaire eut quelque difficulté à maintenir sa prise lors des affrontements en lutte et d’autre part certains s’enduisaient les mains de poussière pour raffermir leurs prises. Les Jeux Olympiques et l’art de l’éducation physique permirent aux Grecs d’analyser de façon réfléchie les différents mouvements du corps mis en scène par les exercices physiques et cela profita aux anatomistes et à la médecine naissante qui en vint à mieux comprendre la mécanique humaine et à réagir efficacement aux luxu­res, dislocations et autres blessures inhérentes à la pratique des sports.

Hippocrate et ses disciples de l’île de Cros donnèrent naissance à la médecine tandis que les philosophes émergeaient dans leurs Écoles respectives. La Grèce un grande civilisation, a aussi donnée naissance à la démocratie. Mais que vient faire Éric Gagné, joueur milliardaire du baseball professionnel américain, Québécois de naissance, au milieu de ces athlètes, médecins et philosophes grecs?
À l’instar des athlètes grecs, Éric Gagné avait l’idéal de la perfection, de la performance, du dépassement, mais plutôt que le petit flacon d’huile, il a et de son aveu, tel un philosophe grec, en employant un sophi­sme, ni nier, ni avouer, avec pris des substances lui permettant d’améliorer ses performances, sans le savoir Éric Gagné plutôt que de pratiquer son sport nu, s’est plutôt dénuder.

Et lorsqu’il rencontra quelques journalistes et effectua un monologue caquette baissée sur les yeux, barbe longue affichant inconsciemment et symboliquement un nouveau visage, mais refusant que les journalistes ne lui posent quelques questions que ce soit, bafouant ainsi les règles fondamentales de la démocratie permettant la liberté de parole. Souhaitons lui qu’il rencontre non pas Jésus… mais Sénèque, qui dans une de ses lettres à Lucillius écrivit: «L’argent n’a jamais enrichi personne…»

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