Dieu existe

Dieu existe
Josée Pilotte
Espace griffé

Vous me connaissez: j’aime ces textes qui font s’entrechoquer le sublime et
le trash, l’autodérision et la dérision, l’anecdote futile et la philosophie
sociologique, le beau et le laid, dieu et le diable.

Quand j’ai ouvert les yeux, j’en ai eu la preuve éclatante: Dieu existe! Tout particulièrement l’automne. La fresque naturelle qui dépeint le paysage sous mes yeux est un spectacle grandiose qui justifie amplement tout l’effort, les nuits blanches, les crises de couple, le fric qu’il a fallu pour concevoir, puis bâtir cette tanière au fond des bois.

Le rêve d’une vie, cette maison qui nous fait vivre non seulement côte à côte avec la nature, mais presque d’en faire partie. Habiter cette maison ouverte sur la vie permet d’habiter le paysage qui l’entoure. Pour moi, une maison ce n’est pas seulement une maison, un niveau de vie ou un trip de bobo, c’est d’abord une histoire vécue et une histoire à vivre, c’est un style de vie, un enracinement qui nous rassemble dans un espace qui nous ressemble.

 

C’est donc vous dire tout le bonheur que j’ai ressenti en voyant toute la flamboyante de ce paysage. J’étais privilégiée. Merci la vie!

L’automne et ses couleurs…

C’est le «cannage» des tomates (pas très réussi cette année, je dois l’avouer, y’a plein de petits capuchons qui ont pas fait «pop», et chez vous?), c’est l’odeur du pot-au-feu, des sous-bois, des premiers feux de foyer. C’est le confort du vieux pull de laine et des bras de Chéri.

 

Et la lumière…

Alors que la lumière d’été «explose», celle de l’automne – comme le vieux pull et les bras de Chéri – nous enveloppe.

 

Et la face de ton kid…

Tsé quand il se retourne sur le marchepied de l’autobus scolaire, comme un petit deuil de l’été. Sa face aussi quand il croque dans la pomme surette. Oui, Dieu existe.

 

Et les amis…

Si les discussions d’été bière-et-BBQ sont plutôt ludiques et joyeuses, celles de l’automne, foyer-et-braisé, sont plus intimistes, moins futiles. Bref, exactement comme la musique qu’on écoute, les livres qu’on lit, les films qu’on regarde. Le vin que l’on boit.

 

Et le vélo….

Et bien là, c’est la totale! Le crissement des feuilles sous les roues, l’air pur à pleins poumons (d’ailleurs, est-ce un mythe que l’air est plus pur quand il est frais?!). Le terrain de jeu des riders se transforme comme le décor. Après un été à rouler, la forme est à son paroxysme…

 

Rendue à cette étape de ma chronique, j’aurais tendance à casser le rythme. Vous me connaissez: j’aime ces textes qui font s’entrechoquer le sublime et le trash, l’autodérision et la dérision, l’anecdote futile et la philosophie sociologique, le beau et le laid, dieu et le diable.

 

Cette fois-ci, si vous le voulez bien, ne rompons pas le charme de ces images d’automne avec des tableaux et fichiers Excel comparatifs des taux d’imposition provinciaux au Canada…

 

 

Laissons le diable, qui existe aussi, de côté. Gardons Dieu.

 

 

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