Emballez-vous pas!

Emballez-vous pas!
Josée Pilotte
Espace griffé

C’est que, voyez-vous, pendant que je m’entête à refuser que la caissière me charge 5 cents du sac en plastique…

J’ai un sujet qui me trotte dans la tête depuis un moment.

Vous savez le genre de sujet qu’on repousse indéfiniment, y’en a des dizaines comme celui-là, d’une semaine à l’autre, que l’on finit par enterrer, que l’on finit par oublier.

 

C’est que voyez-vous y’en a des millions de choses dans la cours des grands discours écolos auxquelles je suis vraiment sensible: la fonte des glaciers en Arctique, le réchauffement de la planète, le commerce équitable, la culture bio… y’a aussi plein de choses inquiétantes qui me font vraiment peur au sujet de l’avenir de notre planète: compteurs intelligents, les zones WIFI, les ondes cellulaires, le gaz de schiste…

Alors, tout comme vous j’imagine, j’essaie donc de faire ma part et ce, aussi petite soit-elle.

 

Puis je peux être très bonne dans les petites choses… Par exemple j’essaie de ne pas emballer systématiquement un piment ou une banane dans les petits- sacs-en-plastiques-transparents qu’on déroule allégrement au rayon des fruits & légumes pour y mettre tout et rien et qu’on n’est jamais capable d’ouvrir de toute façon. Non mais, c’est fou le temps et l’énergie que l’on dépense à essayer d’en trouver l’ouverture: on souffle dedans, on s’humecte les doigts, on le frotte vigoureusement entre nos mains, on sacre après… et on s’essaye avec un autre en se disant: «Y marche pas celui-là!!!» Bref, autant que possible j’essaie de m’en passer, ne serait-ce que pour éviter de polluer un peu plus la planète.

 

Mais. Y’a quelque chose qui me dérange…

C’est que, voyez-vous, pendant que je m’entête à refuser que la caissière me charge 5 cents du sac en plastique parce que je m’en veux d’avoir oublié (encore) les miens    (recyclables) dans le fin fond de ma garde-robe d’entrée chez moi, mon épicier préféré, lui, continue de présenter son trio de piments sur un lit de styromousse le tout recouvert de trois couches de saran-wrap!

 

Pendant que j’ai l’air d’une vraie folle en quittant mon épicerie préférée en train de jongler avec mes dix items sous les bras parce que j’étais trop gênée de demander qu’on me les emballe, avant de les garocher dans le fond de ma valise de char (maudit je comprends pourquoi il les emballe les trois piments… et j’aurais bien pu recycler le tout pour me faire une p’tite crèche de Noël en styromousse!); oui, pendant que je fais le clown dans le stationnement, mon épicier favori, lui, emballe trois patates pour ses présentoirs sans remord de conscience.

 

Ouais, c’est tout bête et tellement con à la fois. Je suis sidérée par les esprits tordus qui ont inventé les «emballages», c’est une aberration, une de ces conneries si évidente qu’elle donne parfois l’envie de hurler.

 

Noël arrive à grands pas et quand on dit Noël, on dit cadeaux et là, on en a de grands exemples de conneries en matière d’emballage: Pour un ordinateur portable «mince et léger»: une boîte de trois pieds par trois, des feuilles de plastiques, des «séparateurs» en carton ondulé… Pour une poupée Barbie, pour un jeu vidéo, pour des écouteurs bluetooth… c’est pas des farces j’ai vu une petite carte mémoire emballée dans un format d’un 45 tours, ça prend trois minutes à acheter, ça a une vitesse de transfert «ultra rapide»… pis ça prend 15 minutes à déballer avec un sécateur!

 

Je vous avais prévenus: c’est un sujet pas trop emballant.

Alors de grâce pour Noël, consommez avec modération et emballez-vous pas trop!

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