État d’urgence

Par Nathalie Deraspe
État d’urgence

Hôpitaux laurentiens

L’iniquité régionale serait à l’origine du débordement des urgences, clament les péquistes. Selon l’opposition, c’est le manque à gagner dans les budgets de santé de la région qui engendre la détérioration des services d’urgence.
«Tant et aussi longtemps que l’iniquité ne sera pas réglée, l’étau va se resserrer sur notre système de santé dans la région, soutient le député de Bertrand, Claude Cousineau, qui réagissait au palmarès des urgences publié plus tôt cette semaine dans un quotidien montréalais. L’écart s’élargit dans tout le 450 (Laurentides, Lanaudière et Montérégie), mais le ministre Couillard continue de nier les faits.»

Grâce à une demande d’accès à l’information, lui et son confrère de Labelle, Sylvain Pagé, ont brandi des données à faire froid dans le dos. En effet, le nombre de patients ayant attendu plus de 24 heures à l’urgence du Centre hospitalier laurentien de Sainte-Agathe serait passé de 1077 à 2040, une augmentation de plus de 189 % par rapport aux données de 2002-2003. À Saint-Eustache, la situation est catastrophique (243% d’augmentation), alors que Saint-Jérôme ne fait guère mieux (216%). 

Alors qu’en moyenne, les patients attendent quatre heures de plus qu’il y a quatre ans, sauf à Saint-Jérôme, où l’attente aux urgences est de plus ou moins 6 heures, certains bénéficiaires subissent l’intolérable. À Saint-Eustache par exemple, les personnes atteintes de problèmes de santé mentale passent 11 heures de plus qu’avant sur civière (8 à 19,2 heures), soit trois heures de plus que les personnes âgées, pour qui l’attente est de «seulement» 7 heures de plus qu’avant (comme dans la plupart des établissements cités ci-haut).

Whissel sauve les meubles

Mercredi, le ministre du Travail et responsable de la région es Laurentides, David Whissel, a annoncé des investissements de l’ordre de 7,9 millions de dollars afin de permettre aux établissements de santé de la région de maintenir la qualité de leurs immeubles. Les travaux découlant de cette mise de fonds gouvernementale pourront servir à la réfection des toitures, au remplacement de fenêtres, à l’entretien des systèmes électriques ou autres travaux du genre. Cette annonce est comme une bénédiction pour l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, vieux de 33 ans. On se souviendra que l’automne dernier, une dame avait justement chuté d’une fenêtre vétuste.

Pas plus tard que la semaine dernière, des représentants du ministère sont venus visualiser les installations de Saint-Jérôme, à la demande des dirigeants de l’établissement, qui année après année, ont du mal à boucler leur budget. Ceux-ci ont été accueillis par une manifestation en faveur d’une meilleure accessibilité aux soins, notamment en oncologie et en orthopédie. L’activité, organisée par la Table de réflexion et d’action de retraités et d’aînés (TRARA) des Laurentides, en collaboration avec le Dr Carl Farmer, a regroupé près de 300 personnes, dont la plupart étaient retraitées.

Préposés à bout de souffle

Selon Julie Lachapelle, présidente du syndicat des employés CSN de l’Hôpital régional, le ministre Couillard ne semble pas prêt d’admettre que la situation des préposés aux bénéficiaires n’est pas plus reluisante que celle des infirmiers et infirmières du réseau de la santé. «Il y a beaucoup de temps supplémentaire d’exigé, beaucoup de surcharge de travail et cela entraîne un gros roulement de personnel, estime la syndicaliste. C’est devenu très difficile de trouver des employés prêts à faire le travail.» Malgré beaucoup de changements positifs apportés à la grille horaire des préposés, surtout du côté des techniciens en désinfection, le C-Difficile réapparaît tranquillement, confie Julie Lachapelle.

Du côté des médecins, les nouvelles ne sont pas meilleures. Depuis le printemps, la direction a assisté, impuissante, à un va-et-vient incessant d’omnipraticiens et de chirurgiens. La semaine prochaine, c’est au tour du chef des services d’urgence de quitter l’établissement. Les orthopédistes demandent pour leur part un réaménagement des services et les discussions poursuivent leur cours même si tout le monde sait que la pierre d’achoppement demeure l’argent. «En un an, le plan de François Legault avait permis de ramener l’iniquité de 36,8 à 31 M$, soutient Claude Cousineau. En cinq ans, les Libéraux l’ont fait grimper à 41 M$. Mais on va s’asseoir avec nos collègues de l’ADQ pour poursuivre la bataille», promet le député de Bertrand. À ce titre, une première rencontre a déjà eu lieu avec Pierre Gingras, député de Groulx. Une autre devrait suivre, cette fois avec le député de Prévost, Martin Camirand, qui se dit prêt à travailler de concert avec les péquistes. Personne de la direction ou de l’Agence de santé des Laurentides n’a accepté de commenter la situation.

Notons enfin que le Centre de santé et de services sociaux de Saint-Jérôme a reçu 256 plaintes au cours de l’année 2006-2007, tout services confondus.

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