Ex-skieur acrobatique: Cédric Rochon très serein dans son après-carrière

Par Luc Robert
Ex-skieur acrobatique: Cédric Rochon très serein dans son après-carrière

L’ancien skieur acrobatique Cédric Rochon a bien réussi la transition entre son sport et sa nouvelle carrière en carrosserie et en mécanique automobile.

Établi à Val-David, au sein de son entreprise « Garage CM Rochon », l’athlète maintenant âgé de 28 ans ne regrette pas son choix d’avoir accroché ses deux planches il y a trois saisons.
« Je visais les Olympiques de Sotchi. Les déceptions se sont enchaînées et j’ai éprouvé une “ écoeurantite aïgue “. À la fin, je me sentais brûlé. Mais j’avais déjà investi dès 2013 dans le démarrage de mon commerce de mécanique. J’ai choisi de m’investir à fond dans ce domaine. » L’athlète de Saint-Sauveur, né à Saint-Jérôme, a été ralenti par une blessure majeure en 2014 en Finlande, alors qu’une déchirure au ligament croisé externe du genou gauche a anéanti en partie son rêve olympique vers la Russie.
« J’aurais pu continuer ma carrière encore pendant cinq ans. Le docteur Marquis a pratiqué une excellente chirurgie. Je n’ai aucune séquelle au genou gauche. Contrairement à la croyance populaire, ma blessure n’a pas mis un terme à ma carrière. En février 2015, je suis revenu à Val-Saint-Côme. Je me suis classé 29e, à la Coupe du monde en bosses, chez les hommes. Je songeais déjà à mon avenir. »
Parti de rien en 2013, son entreprise a fleuri. Il a amorcé ses opérations avec un mécanicien et un spécialiste des carrosseries.
« J’avais des ambitions en affaires. Mon père a bien réussi avec ses franchises des restaurants Saint-Hubert. La transition est toujours difficile pour un athlète, car elle ne survient jamais au moment où on l’attend. J’ai pu compter sur le soutien de ma famille et de mes amis. Avec 16 employés et 2 enfants à ma charge, je pense avoir bien réussi. Je ne changerais rien à mon parcours. »

École de la vie

L’ex-bosseur estime que son apprentissage au sein de l’équipe canadienne de ski acrobatique l’a bien préparé à son après-carrière, mais il n’existe pas, à sa connaissance, de programme de transition vers la retraite, à Équipe Canada.
« On est une grande famille, qui vivait ensemble 10 mois par année. Dans mon deuil de la compétition active, je savais que je pouvais appeler mes amis skieurs n’importe quand pour du soutien moral. L’équipe nationale a été pour moi une école de vie. Quand à 16 ans, tu vas rejoindre seul ton équipe à l’aéroport de Tokyo, au Japon, sans parler la langue locale, tu grandis et tu apprends vite à réagir. »
L’esprit de meneur est présent chez ses ex-coéquipiers dans leur vie d’aujourd’hui. « Nous ressortons de l’équipe canadienne avec une grande discipline personnelle, un code d’éthique et une compétivité naturelle d’athlète. Beaucoup sont devenus des leaders : Alexandre Bilodeau n’est pas devenu fiscaliste par hasard; Maxime Gingras est devenu un bon opérateur de pelles hydrauliques. On a pas peur de travailler fort! »

La petite coche

Troisième en bosses à la Coupe du monde de Naeba, au Japon, en 2012; quatrième à la Coupe du monde de Are, en bosses, en 2010. Cédric Rochon a toujours flirté avec le podium en compétitions.
« J’ai été très souvent en haut du classement. Il me manquait une petite coche pour triompher. À mon époque, l’équipe canadienne était très performante. Tu pouvais te faire une place, mais il fallait ensuite la garder. Avec le recul, j’ai apprécié chaque moment. Sur le circuit de la Coupe du monde, on avait seulement quinze jours de stress par année, lors des grandes compétitions. Là, avec mon commerce, le stress, tu le vis six jours par semaine », a-t-il conclu en riant.
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LR – Cédric Rochon estime qu’une réglementation trop rigide de la Fédération internationale du ski (FIS) se répercutera sur le nombre d’adeptes du ski acrobatique.

« La FIS bloque le niveau de difficulté des sauts périlleux. Nous avons plusieurs jeunes Canadiens fougueux qui ne demandent qu’à se dépasser. Mais avec les mains liées, plusieurs se tournent vers la plache à neige », a-t-il déclaré.
Le champion olympique Mickaël Kingsbury serait brimé dans sa progression.
« Certains disent qu’il est vieux à 26 ans. Laissez-le aller, sans contraintes. Il va encore sortir des trucs de son chapeau et exécuter de nouvelles figures bonnes pour le podium », a-t-il tranché.
« Nos athlètes de l’équipe nationale sont arrivés à un niveau inégalé. En limitant les difficultés, on retourne au niveau maximum des figures d’il y a 10 ans. Il faut aussi progresser en ski acro ».

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