Expérience culinaire en CHSLD?

Par Jean-Claude Tremblay
Expérience culinaire en CHSLD?

Éditorial affaires et économie

Jean-Claude Tremblay, MBA jctremblay@cogitas.ca
 
Un politicien qui t’appelle à la veille d’une campagne électorale, c’est un peu comme un éléphant rouge participant au bal en blanc des souris: c’est tout sauf discret. Naömie Goyette, c’est la candidate dans Prévost, celle qui fait face à des poids lourds qui, sous peu, dévoileront leurs engagements officiels.
En toute transparence, je n’ai pas toujours été tendre avec son parti, et dans mes valeurs, le gros bon sens aura toujours systématiquement préséance sur le programme, qu’importe l’aquarelle. Dans ce contexte, disons que communiquer avec un chroniqueur qui donne dans l’éditorial, c’est assez courageux, car jamais je ne vais me censurer.
Celle qui est chef de formation m’a déclaré d’emblée son intention: « J’ai toujours caressé le projet de bonifier l’offre alimentaire en CHSLD, car je vois une opportunité d’uniformiser les menus, de standardiser et d’améliorer les recettes avec les gens en place. » Alors je lui ai demandé si elle faisait référence au fait qu’il était aberrant que nos aînés mangent du gruau cinq jours sur sept dans certains CHSLD. Elle m’a répondu avec une franchise rafraîchissante: « Non, et j’ai, hélas!, déjà vu pire.» Ce projet qu’elle m’a partagé et sa réponse spontanée m’ont incité invariablement à poser la question qui tue: « C’est votre parti qui est au pouvoir, vous êtes responsables du gruau, et le projet que vous me décrivez, quoique cohérent, devrait déjà être implanté, n’êtes-vous pas d’accord ? » Une fois de plus, réponse honnête à une question frontale: « Il y a présentement des mesures pour corriger le tir, et malgré les efforts, je crois qu’il reste place à l’amélioration et que l’on peut aller beaucoup plus loin.»
Des assiettes goûteuses et appétissantes, des menus élaborés à partir de produits frais, une brigade de chefs qui forme en continu le personnel des cuisines d’établissement, faire vivre une expérience culinaire aux résidents des CHSLD, c’est possible? C’est ça, le rêve que caresse Naömie Goyette, qui souhaite accueillir un projet pilote dans sa région et collaborer à sa mise en place.
À savoir si c’était un engagement électoral, la propriétaire de restaurant et chef formatrice à la Tablée des chefs a été prudente: «Je ne peux pas dire que c’est un engagement officiel du parti à ce stade, mais ce qui est sûr, c’est que ce projet-là me tenait à cœur avant ma candidature, et sera toujours sur la table après.» Je préfère de loin cette affirmation transparente à une fausse promesse – j’embarque!
Ce projet est bon pour nos aînés et pour la société, puissent le parti et les adversaires l’appuyer pour le bien commun et pour la dignité. Je serai aux premières loges pour le faciliter, qu’importe la couleur de votre parti ou de vos souliers.

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