Faute de médecins, les GMF se multiplient

Par Nathalie Deraspe

Bonne nouvelle pour les Laurentides!

Le gouvernement vient d’annoncer l’ajout de deux nouveaux Groupes de médecine familiale (GMF) dans la région, ce qui porte à cinq le nombre de GMF dans les Laurentides.

Depuis trois ans, les projets de GMF se multiplient. Après ceux de Saint-Jovite, l’Annonciation et Saint-Donat, voici que Sainte-Agathe et Saint-Jérôme emboîtent le pas avec la création du GMF des Sommets et de celui du Grand Saint-Jérôme ainsi que de leurs cliniques affiliées. Il ne faut pas s’y méprendre, prévient le Dr ****Jean-Pierre Laroche****, responsable du GMF des Sommets. Il n’y aura pas plus de médecins qu’il y en avait auparavant. Seule la façon de faire permettra de dégager éventuellement du temps pour prendre en charge de nouveaux patients.

Faisant référence à la mise à la retraite de centaines de médecins et à la diminution de contingent d’étudiants en médecine il y a une dizaine d’années, l’omnipraticien estime qu’on en est encore à payer les erreurs du passé. «Actuellement, il manque autour de 700 médecins au Québec. Et ça prend 7 ans à former un médecin de famille», rappelle-t-il. Exhibant une photo de sa fille, étudiante en médecine, Jean-Pierre Laroche ajoute qu’on n’aura pas de résultats tangibles avant encore 8 ou 9 ans. «En limitant le nombre d’étudiants admis, on s’est retrouvé avec un autre problème, précise le médecin. Il y avait parfois 80 % de filles dans les classes. Juste ici, poursuit-il, on a deux femmes en congé de maternité. Par le fait même, nos autres médecins se retrouvent avec une surcharge de travail, ce qui les empêche de voir de nouveaux patients.»
****Infirmières à la rescousse*****

Comparativement aux cliniques conventionnelles, les nouveaux GMF auront directement accès aux dossiers des patients à l’hôpital grâce à un nouveau support informatique et bénéficieront d’une aide substantielle de la part d’infirmières expérimentées. Entre autres, celles-ci pourront prendre tout le temps nécessaire pour parler diète avec les patients ou seconder la clientèle lourde pour bien expliquer chaque composante des maladies en cause. Grâce à un suivi plus serré de cette clientèle, on espère à la longue désengorger suffisamment le système pour pouvoir admettre de nouveaux patients. Le Dr Laroche précise que même si la population ne pourra pas compter tout de suite sur un médecin de famille, tout le monde pourra être vu par un des 22 médecins qui seront tour à tour de garde. Sans compter que les heures d’ouverture élargies ajouteront à l’offre de services.

Lancés en 2002 sous le gouvernement péquiste, les GMF devraient se multiplier pour atteindre 300 au cours des prochaines années. Actuellement, on en dénombre un peu plus de 125. «Un autre sera annoncé d’ici quelques jours et trois autres suivront ensuite, confie le Dr Jean-Claude Berlinguet, responsable du dossier à l’Agence de santé et des services sociaux des Laurentides. Idéalement, poursuit-il, on souhaiterait en établir une vingtaine sur le territoire, ce qui permettrait de desservir plus de 300 000 personnes.»

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