Fesse, mais fesse égal!

Par Josée Pilotte

Vous mesdames, dites-moi donc, et le plus honnêtement du monde, et avec tout le sérieux que l’enfantement vous a conféré: si votre homme, votre mari, le père de vos enfants, vous déclarait, sans rire, qu’«après mûre réflexion et en personne responsable, ne pensant qu’au bien des mouflets et, bien sûr, si le budget familiale le permet»:
«Chéri, c’est décidé… J’prends le cours d’initiation à la fessée!»

Dites-moi bien mesdames, sans rire, après mûre réflexion: que vous feriez alors de votre homme?… Honnêtement?

Moi, je vais vous le dire ce que je ferais: j’ «pack» mes pe’its pis j’décrisse drette-là.

Point.

Je sais, c’est radical comme comportement, mais ce genre de cours à la con est, pour moi inconcevable.

Franchement!, c’est qui le fonctionnaire tordu qui a pensé à ça?

On nous prend vraiment pour des cons!

Alors, vous dire si j’ai vraiment le goût de vivre sous le même toit qu’on con?… Non! Vous?
Avait-on besoin ça? Doit-on se faire prendre par la main comme des enfants pour pouvoir prendre soin convenablement (…) des nôtres? Doit-on être des parents «politiquement acceptables» dans une société qui nous infantilise? Une société qui se croit libérée depuis qu’elle a mis l’Église à la porte de ses vies et de ses institutions… pourtant, bien que l’on ne change plus l’eau en vin, les dix commandements, eux, ont été multipliés par mille; ils sont maintenant appliqués par les juges, ces nouveaux prêtres, dans nos modernes palais de justice, ces nouvelles églises.

Pendant qu’on croyait s’être libéré des prêtres et de leurs visites annuelles ( «Pis, votre 12e est bien en route ma p’tite dame?»), les monseigneurs politiciens des temps modernes nous soufflent aujourd’hui «Allez donc, un troisième!» à coups de déductions fiscales, à grands coups de cent dollars par semaine. Pour nous inciser à se reproduire allégrement.

Mais.

Outre le fait qu’on se sente moins «cheap», la peur d’y perdre son âme ayant été effacée en même termps que les prêches, la différence entre le bon dieu d’autrefois et les gourous d’aujourd’hui, dites-moi, elle est où au juste la différence?

Les Dr Fessée, ces nouveaux apôtres du 21e siècle, nos pys, ceux qui se préoccupent de nos mieux-êtres, les détenteurs de vérités qui soi-disant nous rendront plus heureux, ils nous enseignent aujourd’hui de «main» de maître à corriger en fessant «a-dé-qua-te-ment» nos enfants.

Nos droits nous ont-ils rendus plus libres ou nous emprisonnent-ils un peu plus avec le temps? Dans ce cas précis, les cours de fessées, nous volent-ils aussi un peu de notre confiance, nous enlèvent-ils de notre confiance au «gros bon sens» comme être humain, mais aussi comme parent responsable? À ce compte, pourquoi ne pas donner des cours «comment battre raisonnablement les êtres ou les bêtes sans défense».

C’est qu’aujourd’hui tout est questionné, tout est questionnable: nous sommes en pyschanalyse constante, chacun de nos gestes est scruté à la loupe comme ceux de rats de laboratoire. Les résultats et les observations sont ensuite débattus à la chambre des communes, puis ce que nous aurions dû faire naturellement avant, est aujourd’hui mis en règle, conforme, légalisé pour une conscience bien tranquille.

Désolante constatation…

Mais rassurez-vous, on est juste un peu moins cons qu’hier, un peu plus que demain. Rendons grâce, tous en cœur, à tous ces bons docteurs de l’âme. Amen.

Soyons fiers d’accrocher notre nouveau diplôme du : «meilleur papa, meilleure maman diplômé fessé 101 2007» bientôt disponible en version «hard» pour adulte seulement.

Re Amen. À genoux.

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