L’agriculture artisanale a ses défenseurs à Sainte-Lucie

Dominique Lamontagne et Amélie Dion. PHOTO : Jean-Patrice Desjardins
L’agriculture artisanale a ses défenseurs à Sainte-Lucie
Jean-Patrice Desjardins
Foodies

La serre expérimentale de Dominique Lamontagne est complètement ouverte sur leur site Web, qui diffuse des images en direct. PHOTO : Jean-Patrice Desjardins

En pleine gueule

Défendre une gastronomie engagée en militant pour l’émancipation de l’agriculture artisanale québécoise, voilà la mission que s’est donnée le couple formé d’Amélie Dion et Dominique Lamontagne. Leur ferme à Sainte-Lucie, lieu d’expérimentations en agriculture, est aussi leur base pour diffuser leur vision d’une agriculture de proximité. Small is beautiful.

Propriétaires d’un restaurant à Montréal (le Naked Lunch) au début des années 2000, convertis par la suite dans la transformation alimentaire (un smoked meat de magret de canard en conserve), Dominique Lamontagne et Amélie Dion aiment bien dire qu’ils sont passés de la restauration à la transformation, pour maintenant se concentrer sur la production agricole.

Il y a une dizaine d’années, ils ont acheté une terre à Sainte-Lucie-des-Laurentides et quelques animaux (chèvres, poules et poulets) dans le but de devenir producteurs. « Mais on a vraiment frappé un mur devant le modèle d’entrepreneuiat présenté par l’Union des producteurs agricoles », clame Dominique Lamontagne. « Ça nous prenait 375 000 $ pour obtenir un permis de production et il n’y avait pas de quota disponible. »

Devant les obstacles imposés par la Régie des marchés agricoles, Dominique ne baisse pas les bras et choisit de raconter son expérience dans une tournée de conférences, un livre (La Ferme impossible, aux éditions Écosociété) et un site Facebook sous le thème de La Ferme Impossible. « Il faut légaliser l’agriculture artisanale. Il faut avoir la possibilité de commencer petit. Le modèle d’agriculture actuel est complètement à l’opposé », explique Dominique Lamontagne, qui rappelle qu’au Québec, depuis 60 ans, la tendance a été de démanteler la petite ferme vivrière pluriproductrice au profit de la grande ferme spécialisée monoproductrice.

Le manifeste

Le site Internet En Pleine Gueule est lancé à l’hiver 2012. Ce « pignon sur Web » est leur nouveau port d’attache et on y trouve un manifeste qui énonce leurs positions et demandes actuelles. Des demandes très concrètes, d’abord la reconnaissance du statut particulier de l’artisan agricole, ensuite la possibilité de transformer et de vendre à la ferme des produits cuits fabriqués à partir de lait cru, et enfin la possibilité d’abattre la volaille à la ferme (abattoirs de proximité).

« Notre gouvernement considère l’artisan soit comme un industriel en devenir, soit comme un industriel manqué. De ce fait, les lois imposent les mêmes contraintes à l’artisan qu’à l’industriel, sans égard à la taille et à la façon de faire de chacun », mentionne le manifeste.

Reprenant la démarche de Jean-Martin Fortier, dont le livre Le jardinier-maraîcher connaît le succès d’un best-seller, Dominique Lamontagne proposera sous peu un guide de l’artisan fermier dans lequel il partagera les techniques expérimentées à sa ferme de Sainte-Lucie, mais aussi la question de l’administration d’une ferme.

Il faut voir leur site Web : (www.enpleinegueule.com) pour comprendre la démarche à la fois militante, mais aussi pédagogique (on organise des formations à la ferme) du couple de Sainte-Lucie.

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