Forum régional sur l’énergie: ce n’est qu’un début!

Par Nathalie Deraspe

Le 27 janvier dernier, le Conseil régional de l’environnement (CRE) des Laurentides réunissait pour une première fois les principaux acteurs socio-économiques de la région autour des questions énergétiques et plus particulièrement sur notre dépendance au pétrole. L’événement s’inscrivait dans le cadre des Rendez-vous de l’énergie, une campagne initiée par le Regroupement des conseils régionaux en environnement du Québec (RCREQ), en collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde.

Durant des mois, un comité régional regroupant plus d’une quinzaine d’organismes a travaillé à pied d’oeuvre afin de cibler les enjeux prioritaires du forum et préparer le calendrier des activités.

Sous la présidence d’honneur du maire de Blainville et vice-président  de la Conférence régionale des élus, Françcois Cantin, l’événement a regroupé une imposante brochette d’experts. Ceux-ci ont traité de mobilité durable, d’aménagement du territoire et d’urbanisme, de transport et d’efficacité énergétique. En après-midi, des conférences simultanées ont permis aux participants d’approfondir leurs connaissances sur diverses thématiques. 

Au terme de la journée, Anne Léger, directrice du CRE, a prévenu l’assemblée que son organisme allait revenir à charge. “Ce n’est qu’un début!” a-t-elle lancé, enthousiaste. Encore sonnée par l’ampleur de la liste des membres qui formaient le comité régional d’organisation du forum, celle-ci s’est dit convaincue que le travail du groupe va porter fruit.

En discours de clôture, François Cantin a confié qu’il demeurait ambivalent face aux efforts entrepris dans la région par rapport aux enjeux débattus lors du forum. “On est loin de la coupe aux lèvres, a-t-il affirmé à l’auditoire, mais il y a 20 ans, on n’était pas rendu là.  Le monde municipal a une responsabilité sociale, mais aussi environnementale.” Vantant les efforts de son administration, le maire de Blainville a convenu qu’il fallait continuer chacun dans son milieu à prendre les décisions qui s’imposent. “Le plus difficile, a-t-il admis loin du micro, c’est de convaincre les électeurs du bien-fondé des mesures environnementales entreprises. Chez nous ça coûte une fortune d’avoir une gare. Et la facture du transport en commun a grimpé de 50% depuis que je suis en poste. C’est le genre de décision politique qu’on ne peut malheureusement pas vanter dans un programme électoral.” Et ce, même si l’ensemble de la population et principalement les jeunes ménages, qui sont nombreux à venir s’installer dans la couronne nord de Montréal, en bénéficient.

Réduire sa consommation

Dans le dernier sondage en ligne effectué par le CRE des Laurentides, 100 % des répondants de la région affirmaient que les problèmes de santé sont assez (57%) ou très reliés (43%) à notre dépendance au pétrole. Étonnamment, dans un coup de sonde plus vaste réalisé par Crop-L’actualité-Les Rendez-vous de l’énergie, 45 % des personnes interrogées estimaient qu’au contraire, ces deux facteurs ne sont peu ou pas du tout reliés.

Julian Allwood et ses collègues de l’Université de Cambridge aux États-Unis ont démontré que l’adoption de mesures d’efficacité énergétique rigoureuses permettraient de réduire notre consommation d’énergie de 73%. En remplaçant notamment les réservoirs à eau chaude par des systèmes plus performants, en modifiant la température des machines à laver et des lave-vaisselle et en diminuant le poids des véhicules automobiles, cette cible serait vraisemblablement accessible.

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