Germain Locas propose d’apprivoiser les plantes comestibles

Par jean-marc

Soirée culturelle sénégalaise à St Jérôme

Le thé des bois, l’amélanchier, la catherinette. Autant de plantes comestibles qui pullulent dans nos forêts. Après deux petites mésaventures, Germain Locas s’est mis à les étudier patiemment. Le voilà qu’il qui partage ses connaissances dans des ateliers d’initiation organisés depuis sa résidence de Val-David.
«Je ne suis pas un botaniste, dit l’homme d’entrée de jeu. À la base, je suis un gourmand.» Ce péché mignon lui a d’ailleurs valu de drôles d’expériences il y a de cela 25 ans. «Je mangeais tout ce qui s’appelait fleur, raconte Germain Locas. Un jour, j’ai mangé un iris. Ça m’a valu 3 à 4 heures de souffrances terribles. Je me suis brûlé tout l’œsophage, c’était atroce.» Quelques semaines plus tard, un ami lui apprend comment cueillir des pousses de quenouilles. «On m’a dit que ça goûtait les cœurs de palmiers. Je me rends dans un marécage et je fais l’opération qu’on m’a indiquée. Je me retrouve avec les mêmes brûlures! Par mégarde, j’avais mangé une tige d’iris! C’est là que je me suis rendu compte que je ne connaissais pas grand chose aux plantes», confesse Germain Locas. Loin de se décourager, il décide d’en apprendre davantage. Sa passion pour les plantes n’a cessé de grandir depuis.

Et ce botaniste en herbe a plus d’une fleur dans son sac. Il s’amuse à concocter des salades, qu’il saupoudre généreusement de pistils d’hémérocalles séchés, véritable safran québécois qui ajoute un peu de sa vivacité à l’hiver, ou fabrique des tartelettes avec pas moins d’une douzaine de petits fruits sauvages différents, autant de précieuses perles généralement boudées par le commun des mortels, qu’il offre en dégustation aux enseignants de sa fille à la rentrée, ou à ses convives lors de petits festins préparés tout au long de l’année. Au fil de ses ateliers, il indique à ses élèves le meilleur moment de cueillir la fleur, la feuille ou le fruit de telle ou telle plante, leur moyen de conservation et les meilleures recettes qu’on peut en tirer. Car pour Germain, la gourmandise succède toujours à la curiosité. «J’ai toujours de quoi agrémenter un plat pour faire un rappel de la belle saison.»

Un projet de livre

Il faut l’écouter parler de la salsepareille, qui fleurit tous les 5 ans, ou de l’amélanchier, que les Amérindiens conservaient jusqu’à 2 ans et qui constituait pour eux une excellente source de vitamine C. Sa passion le rend volubile. Il explique qu’une quarantaine de petits fruits du quatre-temps équivalent à une grosse orange, que le thé des bois est à son meilleur un mois après la fonte des neiges, que les fruits de la maïanthème doivent être cueillis par grappe, que le sureau blanc, après les gelées, est tout comme le raisin de corinthe. «Ce que je veux, c’est des yeux heureux, des gens qui ont hâte de goûter.»

Reconnu comme artiste-peintre au talent indéniable, Germain Locas s’adonne de plus en plus à la photographie. Sa collection illustrant les plantes comestibles devient imposante et il songe à produire son propre livre sur le sujet. Un document qui ferait état de ses découvertes autant que de ses coups de cœur. «Je m’en vais en forêt et mon regard n’est plus le même», lui a confié une élève. Une déclaration qui a fait la joie de cet ogre nouveau genre.

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