La gestion du comportement citée en exemple en Belgique

Photo de Jean-Patrice Desjardins
Par Jean-Patrice Desjardins
La gestion du comportement citée en exemple en Belgique

Commission scolaire des Laurentides

Le programme de Soutien au comportement positif (SCP) est progressivement implanté dans 90 % des classes (primaires et secondaires) de la Commission scolaire des Laurentides depuis 2013. Les résultats commencent à se manifester, tellement que notre région serait un modèle de réussite qui fait l’envie d’autres commissions scolaires… et qui trouve écho en Belgique.

On le sait, les enseignants le disent souvent : une grande partie de leur quotidien est consacrée à la « gestion de la classe ». Plus l’enseignant doit faire de la discipline, moins il enseigne la matière.

Le programme SCP repose sur l’enseignement des comportements attendus en classe et dans l’école. L’école primaire Saint-Joseph à Sainte-Adèle est la première école à avoir pleinement intégré le programme depuis 2009.

« On s’est aperçu qu’il ne faut pas prendre pour acquis que l’élève connaît tous les bons comportements en arrivant à l’école. Il faut les enseigner précisément pour que l’élève puisse reconnaître ces comportements », explique Stéphane Pipon, directeur de l’école. « Après huit années avec ce programme, il suffit de réviser les comportements et valeurs avec les élèves au début de l’année, et c’est reparti », poursuit l’enseignante Hélène Lecavalier.

Des étoiles et un logiciel

Pour motiver les bons comportements, on souligne les bonnes actions avec des étoiles, que les élèves amassent individuellement, mais également pour toute la classe et même pour l’école. Ensuite, on offre des récompenses, sous forme de fêtes ou autres activités. L’élève déroge à la bonne conduite? On ne lui enlève pas les étoiles accumulées. L’intervention disciplinaire se fait en parallèle. Pas de punition, mais plutôt un renforcement positif.

Les données comportementales de l’élève sont quand même compilées dans un logiciel par l’enseignant, données qui sont accessibles en temps réel par le directeur de l’école ou le technicien en éducation spécialisée de l’école. Une communication électronique peut être envoyée aux parents.

Et les résultats?

Pour que la Commission scolaire embarque dans le projet, il fallait qu’on démontre la pertinence du programme SCP dans l’atteinte de la réussite et de la persévérance scolaires, deux thèmes qui sont en tête de liste des priorités des commissaires.

Les résultats ne se sont pas fait attendre avec le logiciel appelé Profileur de comportement. Par exemple, à l’école Saint-Joseph, deux élèves sur dix devaient être accompagnés au plan pédagogique durant l’année. Ce chiffre est tombé à un élève sur 10. Autre argument, la licence du logiciel ne coûte que 300 $ par année…

« Il faut cependant qu’il y ait adhésion de toute l’école pour que ça fonctionne, ajoute Stéphane Pipon. Dans notre école, le SCP fait désormais partie de notre projet éducatif. Ça fait partie des valeurs de l’école et on l’affiche ouvertement. » Tout le personnel est formé en fonction du SCP au début de l’année.

Évidemment, les enseignants doivent intégrer l’approche dans leur enseignement, une tâche qui peut prendre du temps. « Au début, c’est lourd de tout rentrer dans le logiciel, mais c’est devenu un rituel pour nous. De plus, le programme offre une cohérence pour l’enfant qui se retrouve très bien dans ce cadre », conclut Mme Lecavalier.

Et la Belgique?

La semaine dernière, une chercheuse et doctorante de l’Université de Mons, en Belgique, est venue visiter trois des écoles qui utilisent le programme informatique : l’école Saint-Joseph, l’école Le Tremplin à Labelle et la polyvalente des Monts à Sainte-Agathe. Marie Bocquillon semblait satisfaite de ce qu’elle a vu à l’école Saint-Joseph.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de