Give Peace A Chance

Jean-Claude Tremblay
Give Peace A Chance

Chronique d’un X

jctremblayinc@gmail.com

 

C’est un titre qui en jette, et même s’il date de 1969, vous serez sûrement d’accord avec moi pour dire qu’il est encore et toujours d’actualité.

Je voulais souligner l’anniversaire de cette chanson avec un texte léger, je m’étais dit que ça changerait de la lourdeur des enfants maltraités, des infirmières débordées, des aînés « dompés » dans leur CHSLD et du « Alabama Gate », une monstruosité qui fait reculer le droit des femmes d’une cinquantaine d’années.

Et arriva ce qui devait (je présume) arriver : j’ai vu les nouvelles s’emballer, relatant en direct les tristes événements de Lyon avec son colis piégé et puis je me suis écrié : « Ah non, pas encore une autre atrocité ! »

« Donnez une chance à la paix »

La chanson de Lennon a été enregistrée dans une chambre d’hôtel du Reine Elizabeth à Montréal, lors du fameux « bed-in », dont on célèbre présentement le cinquantième anniversaire. J’aurais aimé y être et vivre ce moment historique avec John, Yoko et leurs invités, mais je n’étais même pas encore né. Par contre, j’ai pu le vivre par procuration, car j’ai eu la chance d’en discuter avec le producteur et ingénieur du son qui a procédé à la captation de la pièce d’anthologie, le légendaire André Perry cofondateur du fameux « Le Studio » de Morin-Heights.

Cet homme, une sommité musicale internationale et résident des Laurentides, a collaboré avec les plus grands noms de la chanson sur la planète, de Charlebois à Sting. Bref, je prendrai le temps qu’il faut via une autre chronique afin d’honorer les prouesses de ce joyau, toujours au sommet de son art, et à qui le monde de la musique doit beaucoup.

Les « Lennon » ont changé et les guerres aussi

Les « bed-in » d’Amsterdam et de Montréal ont été des gestes politiques, mais surtout des évènements de mobilisation pacifistes où John et Yoko avaient convié les gens à manifester activement leurs désaccords envers la violence et l’injustice sous toutes ses formes. Il y avait des tensions raciales, des guerres à ne plus finir, dont celle du Viêt Nam où les États-Unis s’étaient engagés dans une joute mortelle impossible à gagner, et où leur seule présence allait contribuer à augmenter le nombre de morts et « foutre le bordel » dans beaucoup de pays voisins. À bien y penser… peut-être que ça n’a pas tout à fait changé!

Reste qu’entre les « Charlie Hebdo » et autres attentats plus ou moins bien organisés comme ce colis piégé de Lyon, nous ne sommes plus tout à fait à la même adresse. Les guerres dites traditionnelles ont cédé leur place à des gestes individuels décentralisés, mais tout aussi meurtriers. Les « Lennon » peinent à prendre le micro et à s’organiser, et de la tête, ne savent plus où donner.

Sur les traces de Gandhi

John Lennon a été fortement influencé par le guide spirituel pacifiste Mahatma Gandhi, et curieusement, les deux, tout comme le militant des droits civiques Martin Luther King Jr. ont fini par être assassinés. L’ex-membre des Beatles, comme Gandhi, croyait que « la non-violence était est infiniment supérieure à la violence », et que « le pardon était plus viril que le châtiment ». Si nos voisins du Sud, certains habitants d’une « république populaire du Nord », et tous les autres à qui le chapeau fait, pouvaient partager et incarner cette croyance, le monde serait un endroit plus pacifiste et éminemment plus serein.

Des simples atrocités intimidantes sur les réseaux sociaux jusqu’aux attentats les plus cruels, convenons d’une chose : le monde a plus que jamais besoin de militants pacifistes comme John Lennon.

Aujourd’hui, 50 ans après cette initiative, j’avais envie de lui dire merci – merci à lui et Yoko de s’être mis au lit le temps d’enfiler leurs pyjamas de magistrats de la compassion.

Il n’en tient qu’à nous de faire régner la paix et perpétuer le mouvement, pour notre bien-être actuel, voire notre survie, et celle de nos enfants.

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