Henri et Horacio

par Mimi Legault
Henri et Horacio

Chronique : Le monde de Mimi

 

Cet automne alors que mon cœur était en berne, Emmanuelle est venue me porter un petit minou : tiens marraine, je te présente Henri. C’est un chat battu à coups de pied depuis sa naissance. Il est un peu sauvage mais à deux, vous allez lécher vos plaies.

Alors, on s’est doucement apprivoisé. Les premiers jours, il me mordait, persuadé de recevoir des baffes. Ça adonnait bien, j’étais dans les mêmes conditions.

Six mois plus tard, Henri et moi sommes devenus les meilleurs amis au monde. Il n’y a qu’un problème : il adore, que dis-je, il dévore tous les rouleaux de papier de toilette qu’il trouve sur son passage. Oui, papier hygiénique, ça vous sonne une cloche par les temps qui courent?

Ne comptez surtout pas sur moi pour m’apitoyer sur votre sort. On est tous dans le même bateau. Aussi bien tanguer ensemble et du bon côté via ma plume. Je sais, il y en a parmi nous qui se sentent pesants dans leur face. C’est normal. Le premier ministre l’a dit. C’est TEMPORAIRE. Vendredi dernier, la famille Legault-C. s’est réunie pour un apéro virtuel en Facetime. Papa, maman, belle-maman, enfants et conjoints (es).Une heure de temps. Des blagues, des petits rires comme un bouchon qui saute. Je vous invite à faire la même chose.

Brûlons notre gaz égal. La semaine dernière, c’était la ruée pour le papier de toilette. Le gala des chimpanzés. J’ai cru un moment que l’Humain dans son côté sombre allait déterrer toutes les momies en cas de manque de ce précieux bien. Tenez, je prédis une deuxième ruée : les teintures de cheveux. Les salons de coiffures sont fermés. Dans trois semaines, nous allons voir la véritable couleur de chaque femme. Que fera Donald Trump? Au fait, il a dépassé les 70 ans! Confinez-le kekun.

Mon préféré en ce moment (à part mon p’tit p’tit cousin François Legault) c’est bien Horacio Arruda parfait inconnu avant la crise qui sort du troupeau. Un homme franc, direct, droit comme je les aime. Il a dit que la peur était une épidémie. Que c’était impossible que le Québec soit béni avec de l’eau bénite autour puis que ça ne rentre pas à l’intérieur. C’est rentré maintenant. Ce qu’il faut faire, c’est faire ce qu’on vous dit.

Mais l’Homme étant l’Homme, il y aura toujours des vieux schnocks ou des petits cons, ces virus sur deux pattes à l’intelligence colibri qui se fouteront des autres. C’est comme ça depuis que le monde est monde. Habituellement, je suis contre la dénonciation mais cette fois, c’est une question de vie ou de mort. Ceux-là, on refuse de les voir dans notre radar.

La beauté de ce moment difficile que nous traversons, c’est de prendre ces vacances forcées du bon bord des choses. Que je n’en vois pas un lorsque nous aurons enfin traversé le désert, chialer contre les profs ou contre son métier ou son patron. Je pense à ceux qui dès le lundi matin rêvaient de leur vendredi soir. Allez-y, bourrez-vous la face, vous êtes en plein dedans. Vous avez désormais votre horaire libre pour quelques semaines de faire les choses dont vous n’aviez jamais le temps de faire. En autant que ce soit raisonnable, bien sûr. Horacio l’a dit : si c’est la danse, alors dansez! Dansez en ligne sur Facetime avec quelqu’un d’autre!

Il a raison, allez vous promener, faites en sorte que le bonheur descende en même temps que vous dans la rue. Le pape François va sûrement laver les mains au lieu des pieds à Pâques. Les outardes sont arrivées, elles ont passé facilement les douanes. Et puis, si, malgré tout, vous trouvez le temps trop long, écrivez-moi, je répondrai à chacun de vous. Promis.

J’entends un drôle de bruit dans les toilettes. Oh non, Henri! Henriiiii!

MIMI LEGAULT
mimilego@cgocable.ca

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