Une histoire d'humour qui finit bien!

Par Diane Baignée
Une histoire d'humour qui finit bien!

AÎNÉS CAPTIFS EN PHOTO BOOTH

Paraît-il que l’humour nous fait vivre plus longtemps.  On va jusqu’à dire qu’on pourrait prolonger la vie de sept ans ou de 20% si on adoptait au quotidien une attitude joyeuse, positive et coquine.

Le rire ravive l’humeur. Il provoque des changements physiologiques réels. On m’a raconté l’histoire de cet homme aux prises avec une maladie auto-immune inflammatoire qui recouvra la santé après avoir visionné, à la chaîne, des films d’humour. Trop drôle? Jamais assez…

Les enfants rient aux environs de 400 fois par jour. En moyenne, les gens plus âgés se permettent une poignée de 15 risées.

Rire de bon cœur, c’est bon pour la santé mentale et physique. Intéressant!

Photo Booth avec de bons vivants

Ah! ce photographe, toujours un projet en tête. Un Photo Booth! « Un photo quoi? »

« Okay, j’achète. Pourquoi ne pas tenter l’expérience avec des aînés en résidence? Quelle chouette idée!

Nous posons donc pieds et trépied dans les locaux de la Résidence La Noblesse, à Saint-Jérôme.

Cette résidence compte un nombre de 1200 résidents. Pour ce faire, nous avons contacté le responsable bénévole des activités de la place.

Huit séniors ont finalement été sollicités. La plupart sont membres du conseil d’administration des Bons vivants de la Noblesse. Un petit groupe de bénévoles organisent des activités récréatives et sociales pour les résidents.

Leur mot d’ordre: s’amuser, se divertir dans l’harmonie. Allons donc tester leur humour.

Pas gagné d’avance…

On nous avait réservé une pièce que l’été caniculaire s’était occupé de réchauffer. Le thermostat indiquait 26 degrés à notre arrivée. Les lieux attendaient septembre pour se réanimer.

Alors, on s’installe. Parés pour un Photo Booth? « Un photo quoi? » Bref, notre projet ne semblait pas avoir convaincu le directeur des activités, et ce, malgré les explications de départ.

«Vous voulez vendre quoi, madame?» «Euh… rien», dis-je. «Nous voulons rire, prendre des photos… et vous parler d’humour […].» « Mais pourquoi prendre deux heures pour ça avec vos déguisements? » Après clarifications, justifications et quelques promesses de garantie du sérieux de notre exploit, un «d’accord» peu convaincant a finalement réussi à boucler la discussion.

D’emblée, j’ai compris qu’il fallait installer un sentiment de confiance sur les planches avant de passer à l’autre étape. Bon, on y arrive… Il fallait en rire… Genre, donner le ton.

Déterminée, je me disais que les sceptiques seraient confondus-dus-dus. Fallait-il s’apprivoiser ? Assurément.

Que le spectacle commence!

Deux tables installées ont su accueillir des chapeaux de toutes formes, des lunettes flyées, des écharpes de plumes et de nombreux autres accessoires ayant pour mission de rendre le look de nos volontaires aînés et la mise en scène des plus insolites.

La doyenne de 86 ans, la plus inspirée et frétillante, emboîta le pas. Préparez-vous, on « shooooote »!

La mise en scène…

La glace cassée, les idées rafraîchies, j’ai conclu qu’il fallait d’emblée évacuer la peur du ridicule avant d’ouvrir la porte à l’humour.

Fallait-il au préalable retirer les masques identitaire et social?

Probable-ment un exercice incontournable avant même de choisir, cette fois, le masque de l’amusement, du rire de soi, et enfin jouer le jeu de l’humour.

Et voilà que l’activité s’installe. Un chapeau noir glacé avec l’inscription « Bad boy » est venu tenter et orner la tête de l’un de nos participants. Des lunettes brillantes et de longs gants noirs ont su charmer cette dame déjà bien farceuse.

Des fous rires prirent place et vinrent enfin meubler l’espace. Une photo de groupe? Allons-y! Que d’hilarantes réactions pour clore cette aventure originale! Enfin, la «Croisière s’amuse ». Mission accomplie.

Accoutrements rangés, une atmosphère plus relaxe nous a permis de nous parler d’humour.

Plus d’armures et de résistances. Tous ont apprécié l’expérience. Ce n’était pas évident au départ.

En conclusion, l’un des volontaires me dit: « C’est le temps qu’on le fasse (rire, lâcher-prise) avant qu’on crève, et surtout, n’écrivez pas ça! »  Désolée. Hi! hi!…   

Infos : lesbonsvivantsdelanoblesse.com

Diane Baignée est travailleuse sociale en pratique privée.

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