Hydro-Québec tranche de nouveau en faveur de son tracé

Par Valérie Maynard

Autre revers pour Saint-Adolphe-d’Howard

Il semble que la municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard ait épuisé tous ses recours dans sa tentative de faire modifier le tracé privilégié par Hydro-Québec dans le cadre du projet du Grand Brûlé – Dérivation Saint-Sauveur. La réponse finale de la Société d’état est arrivée sous forme de lettre, le 28 octobre.

Le ton de la lettre est sans équivoque. Hydro-Québec annonce qu’elle procédera comme convenu avec son tracé final. « Le temps est venu d’agir au bénéfice de nos clients des Laurentides et pour permettre à la région de poursuivre son développement. Nous allons donc procéder avec le tracé optimisé et annoncé publiquement en août dernier », peut-on y lire. Cette lettre, signée de la main du président-directeur général Éric Martel, fait suite à la rencontre survenue le 1er octobre dernier entre Hydro-Québec et la municipalité et au cours de laquelle la mairesse Lisette Lapointe avait présenté la nouvelle version du tracé élaboré par Élaine Genest, une consultante embauchée par la municipalité.

Or, le désaccord manifesté dans les jours suivants par les Associations de propriétaires du lac Travers et du lac Azur à l’égard de ce tracé, la position du maire de Sainte-Agathe-des-Monts qui souscrit au tracé alternatif proposé par Hydro-Québec et la pétition qui circule en ce moment sont autant de motifs qui ont mené la Société d’état à trancher en faveur de son tracé.

Qui plus est, juge M. Martel, non seulement le tracé de Mme Genest ne consitute-t-il pas une véritable optimisation, mais il présenterait au surplus des impacts visuels plus importants que le tracé retenu par Hydro-Québec, et ce, « même s’il était possible de réduire encore davantage la taille des pylones ».

M. Martel confirme toutefois que dans une volonté de réduire les impacts visuels de la ligne, l’installation de pylônes tubulaires sera privilégiée à certains endroits.

Saint-Adolphe-d’Howard insiste

Refusant de s’avouer vaincue, la mairesse Lisette Lapointe a aussitôt faire parvenir une lettre à M. Martel dans laquelle elle réitère son souhait de voir Hydro-Québec privilégier les emprises existantes, évitant ainsi le déboisement d’une nouvelle emprise. Mme Lapointe rappelle aussi que le tracé d’Hydro-Québec contrevient à la Charte des paysages des Laurentides et au Schéma d’aménagement de la MRC. « La population de Saint-Adolphe-d’Howard est plus mobilisée que jamais et compte sur ses élus pour protéger ses intérêts. Les citoyens sont conscients que le projet tel que présenté par Hydro-Québec aurait des effets dévastateurs sur son économie et handicaperait gravement l’avenir de notre municipalité. De mon côté, j’ai le mandat de défendre les droits des citoyens de Saint-Adolphe et, forts de leur appui, les membres du conseil et moi sommes déterminés à utiliser tous les moyens à notre disposition pour en arriver à un règlement acceptable », prévient-elle.

Saint-Adolphe-d’Howard demeure en attente d’un retour d’Hydro-Québec concernant l’analyse technique de son expert quant au scénario empruntant les emprises existantes ainsi que l’évaluation environnementale du projet. Mme Lapointe demande également à Hydro-Québec de lui faire parvenir la demande de certificat d’autorisation déposée au ministère de l’Environnement ainsi que les documents à l’appui.

La mise en service de la ligne projetée, qui reliera le poste du Grand-Brûlé, situé à Mont-Tremblant, à une ligne à 120 kV existante, située entre les postes de Saint-Sauveur et de Sainte-Agathe-des-Monts, est prévue pour 2018.

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