Il est partout

Par Mimi Legault
Il est partout
mimilego@cgocable.ca

 

Début de septembre sonnait le temps des vacances pour moi. Il était temps…Douce Moitié et moi avions décidé de visiter le Bas St-Laurent qui, à date, n’avait pas été touché côté santé. On a loué un chalet face au fleuve dans un village pittoresque de 700 âmes. C’était magnifique. Nous avions l’impression qu’en quittant notre lieu, on s’éloignerait en même temps du Covid-19. Une idée d’même. On respirait l’air salin à pleins poumons, on déambulait dans ce petit village historique ma foi très recevant.

Fin d’après-midi, le dimanche de la Fête du Travail, nous décidons d’aller prendre une bière sur une terrasse dans l’unique bar de la place. Le soleil brillait par sa présence. Nous portions notre masque, il va de soi. En mettant le pied dans le bar, je réalise avec horreur que l’endroit déborde de petits virus sur deux pattes, non masqués, qui boivent, qui postillonnent leur voisin d’en face et d’à côté. Je suis sidérée. Je me retourne vers Douce Moitié et lui demande de ne toucher à rien en lui indiquant la porte de sortie vers l’arrière.

Le lendemain, nous décidons de nous rendre dans un resto dont on nous a vanté le plus grand bien. Sauf que… sauf qu’une pancarte indiquait pas plus de sept personnes à l’entrée. J’en compte six. Un appel sur mon cell me force à demeurer à l’extérieur et pendant ce temps, je compte exactement 21 personnes qui rentrent en même temps. Je me rends à la caisse en me plaignant de l’excédent de gens pour me faire répondre : puis-je vous aider madame? Cela ou se faire dire mêle-toi de tes affaires, c’était du pareil au même. C’était clair que les choses se morpionnaient.

Deux jours plus tard, en écoutant les nouvelles locales, j’apprends qu’il y a eu éclosion dans le bar en question (entre autres). Maintenant, l’endroit où on se trouvait est devenu orange foncé. Soupir. Cette pensée d’Audiard : les conneries c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer.

Parmi ces gens irresponsables, n’y avait-il pas dans leur parenté ou de simples connaissances des personnes atteintes par ce mal?

Ce n’est pas compliqué : la covid-19 n’est pas une religion, c’est un fait. Je comprends très bien que les gens aient envie de voir du monde, d’avoir du plaisir et de lever le coude. D’accord à 100%. On a tous hâte de réaliser la disparition de cette maudite bibitte et de la voir repartir comme lorsqu’elle est venue. Mais ce n’est pas la situation présentement. C’est le cas de le dire, il faut prendre son mal en patience.

Une caissière de magasin, une préposée à la banque m’ont dit que l’Homme était devenu impatient, intolérant. Qu’il ne se pouvait plus et qu’il se défoulait sur le premier venu. Danger. À titre d’exemple, l’attente interminable pour passer au dépistage.

Je peux comprendre. Mais en même temps, en fermant les yeux, je revois certaines files d’attente pour avoir de bons billets de spectacle ou pour être le premier arrivé pour les ventes du Black Friday, personne pour chialer.

Tenez, l’avant-dernière journée de nos vacances, en revenant d’une partie de golf, on découvre une microbrasserie logée en haut d’une colline. Mignonne comme tout. En arrivant dans le stationnement, on aperçoit plus d’une centaine de gens qui attendaient pour entrer. Pas de distanciation et pas de masque non plus.

Soupir et re-soupir. Je me suis dit en rentrant au chalet, dommage qu’il n’y ait pas de vaccin contre la stupidité humaine. Je le pensais sérieusement et le pense encore. Hélas…

N.B. Au moment où je termine ma chronique, 21 septembre, je viens de lire sur mon alerte de La Presse : au moins 1500 avertissements et 90 constats d’infraction ont été émis (port du masque et distanciation physique). C’est bien ce que je pensais…

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