Impasse dans le sentier?

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Par Bénérice Jetté
Impasse dans le sentier?

Domaine BG à Saint-Sauveur

Ayant acquis une terre de 98 acres à Saint-

Sauveur dans le secteur du lac Prévost à la fin des années 80, Guylaine Durocher Blouin a développé le Domaine BG comptant 66 terrains à vendre. Dans l’espoir d’attirer sa clientèle, elle a entrepris en 2013 des travaux d’excavation afin de relier certains terrains à une piste de ski de fond située au bout de la montée Saint-Elmire; action menant à un véritable conflit.

 

Le camp Kanawana de Saint-Sauveur, fondé en 1910 par le YMCA pour accueillir les jeunes de milieux défavorisés, avoisine le Domaine BG. Mme Durocher Blouin dit avoir toujours accepté le passage des groupes du Camp sur ses terres pour des randonnées sur un parcours d’hébertisme, ou encore les skieurs de fond de divers groupes de plein air. «La direction du camp Kanawana aurait souhaité que je leur cède une terre mais je n’en ai pas les moyens. La Ville de Saint-

Sauveur est sur mon cas depuis six ans, parce que je n’ai pas accepté une proposition de céder ma servitude en échange de frais de parcs», explique la promotrice.

Suite aux dits travaux d’excavation, Mme Durocher Blouin a reçu deux amendes de

5 000$ chacune, l’une de la municipalité et l’autre du ministère de l’Environnement. «Je vois cela comme une vengeance de la part de la Ville, déclare-t-elle. Je laisse passer tout le monde chez moi, et quand vient le temps de jouir de ma servitude, on me bloque l’accès. Une mise en demeure à la Ville demandant d’interdire l’accès aux skieurs de fond, raquetteurs et randonneurs sur mes terres, et une autre au camp Kanawana demandant de retirer toute installation et de ne plus passer, seront

envoyées sous peu», ajoute-t-elle. Le maire sortant de Saint-Sauveur Michel Lagacé, interpellé à ce sujet au dernier jour de son mandat, a commenté avec calme: «Il n’y a pas d’histoire de vengeance là, et le camp Kanawana n’a rien à voir là-dedans. Mme Durocher Blouin a procédé à des travaux d’excavation sans permis. Elle a donc reçu une amende de 5 000$. Le ministère de l’Environnement a appris qu’elle avait procédé dans un milieu humide, en plus d’avoir abattu 50 arbres, ce qui est passible de

5 000$ d’amende aussi», a expliqué M. Lagacé, n’ayant pas eu vent d’une mise en demeure.

 

Le directeur des camps YMCA au siège social de Montréal, Sean Day, dit être au fait d’une permission de Mme Durocher Blouin, donnant accès aux groupes du camp Kanawana à ses terres pour des fins d’activités pédestres. «S’il faut enlever toute installation, on le fera à la demande de la propriétaire, mais pour le moment nous n’avons rien reçu à cet effet», souligne

Stéphanie Nichols, responsable des communications pour YMCA Québec.

 

Bien qu’aucune démarche de poursuite ne semble encore avoir été intentée par Guylaine Durocher Blouin, cette dernière envisage les grands moyens: «Si je ne peux pas accéder moi-même à la piste, droit qui me revient, personne ne le pourra», a-t-elle conclu.

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