Inauguration de la sculpture l’Esseulée au parc Claude-Henri-Grignon

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Par Bénérice Jetté
Inauguration de la sculpture l’Esseulée au parc Claude-Henri-Grignon

Une œuvre à Sainte-Adèle pour dénoncer l’intimidation

Dénonçant le phénomène de l’intimidation, l’œuvre l’Esseulée du sculpteur Roger Langevin a été inaugurée le 24 octobre dans le parc Claude-Henri-Grignon de Sainte-Adèle, en présence du maire Réjean Charbonneau, de plusieurs membres du conseil municipal et de la présidente de la Commission scolaire des Laurentides, Gisèle Godreau. Pour souligner l’événement, la directrice de l’école A.-N.-Morin, Julie Cartier, le directeur-adjoint Philippe-Antoine

Gosselin accompagnaient plusieurs élèves en danse-études première secondaire et parcours adapté première année, venus partager des témoignages touchants sur leurs réflexions ou expériences personnelles liées à l’intimidation.

La sculpture l’Esseulée présentant des adolescents en position assise sur deux bancs

illustre les trois éléments retrouvés dans le phénomène de l’intimidation soit l’intimidateur, le témoin et la victime. L’artiste, dont une des filles a elle-même été gravement intimidée à l’adolescence, a choisi de laisser des espaces libres sur le banc occupé par la victime, permettant aux visiteurs d’y prendre place pour lui apporter un réconfort symbolique.

Initialement réalisée à la demande d’un donateur anonyme, quelques jours après le suicide d’une adolescente victime d’intimidation, 11 répliques de l’œuvre originale en argile ont été réalisées en fibre de verre et acquises par autant de municipalités au Québec, dont une par la Ville de Sainte-Adèle tout récemment. «Le parc Claude-Henri-Grignon, très fréquenté par les jeunes adélois, s’avère l’endroit tout indiqué pour y installer cette sculpture, rappel constant de la nécessité de contrer l’intimidation au quotidien, notamment dans le milieu scolaire», a déclaré M. Charbonneau.

 

Artiste professionnel, Roger Langevin a réalisé en quarante ans de métier un grand nombre de sculptures au Québec et à l’étranger. Son œuvre la plus connue demeure le Monument aux pêcheurs, érigée aux Iles-de-la-Madeleine.

L’Esseulée de Sainte-Adèle a été le point de départ d’une réflexion mise sur papier par des jeunes, courageux, venus lire leurs pensées. Textes, poèmes et contes ont permis d’illustrer l’intimidation et ses effets, à une foule émue: «Dans l’attente toujours atroce de ces moments si douloureux, l’intimidation m’a rendu violent et intolérant. J’ai eu très mal. J’ai vécu du rejet. Seule la dénonciation peut boucher le trou créé par l’intimidation», a décrié dans un texte des plus touchants, le jeune Alexandre Sigouin. «L’intimidation, c’est quand tu es sur ce petit bateau pris en pleine mer et qu’à chaque fois que tu tentes de regagner la côte, tes rames disparaissent et ton bateau s’éloigne du rivage (…) tanné de combattre, tu tombes dans cette mer, dans cette eau infestée de requins. S.v.p, envoyez une bouée!», avait composé pour sa part Oratis Gélinas-Marsadié.

L’Esseulée est maintenant là, au parc Claude-Henry-Grignon, rappelant à chacun que l’intimidation est l’affaire de tous.

 

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