Je t’aime moi non plus

Par Josée Pilotte

Je serais une foutue menteuse si je vous disais que les commentaires que vous m’écrivez ne me font rien.

Au contraire. J’en suis, souvent, profondément troublée.
« Vous êtes d’une vulgarité sans nom, Mademoiselle Pilotte»… Ou celui-là: «L’utilisation de vos anglicismes, (shit, fuck, anyway) font que je déconseille la lecture de vos chroniques, à moins que l’on ne veuille perfectionner son créole…»

Moi vulgaire?

Me don’t user le french language correctement?

Vraiment? Vous m’en direz tant!

Oui, vous me touchez vraiment avec cette façon bien à vous de déverser votre fiel dans mon «Espace». Vraiment. On dit que l’amour est voisin de la haine. Je me console. Vous dire la vérité? Au fond vous me faites plutôt plaisir en prenant la peine de m’écrire ces mots qui parfois résonnent des jours durant dans mon esprit. Nous vivons une histoire d’amour, et quelle bêtise que l’amour n’est-ce pas?! Une «vraie» histoire d’amour dis-je, celle qu’on écrit, celle qu’on dit, celle qu’on pense.

Vous et moi: un «vrai» livre, avec des pages et des pages qui se tournent, des personnages qui se frôlent, des destins qui se croissent, des chapitres qui s’accumulent. Bref: un livre avec un début et une fin; le milieu quant à lui, l’intrigue, le cœur, il t’appartient et tu te le racontes comme tu veux. Toi, seul et ta vérité.

Vous me dites donc vulgaire? C’est vrai.

Vous me dites créole? C’est vrai.

Vous me dites songée? C’est vrai.

Vous me dites passionnée? C’est vrai.

C’est vrai puisque vous l’écrivez. Vous contribuez au chapitre de notre histoire comme Chéri qui, lui, contribue depuis quinze ans à mon Histoire d’Amour. Et comme dans chaque histoire et dans chaque couple, l’un veut à tout pris en arracher un ou deux chapitres que l’autre ne cesse de relire, jusqu’à s’enfarger dans les virgules… comme vous vous enfargez parfois dans mes angliscimes!

Anyway (!), continuez à m’écrire mais n’oubliez pas qu’il y a toujours trois faces à une histoire: la mienne, la vôtre et la vérité.

Alors écrivez et, de grâce, soyez vifs, soyez drôles, soyez tristes, soyez touchants, soyez pertinents et impertinent, mais soyez…
…Vrais.

Lisez les réactions aux chroniques Espage griffée, de Josée Pilotte, et Altitude, d’Eric-Olivier Dallard, aux pages 8, 11 et 25 de cette édition-ci d’Accès.

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