La chronique des 55+

La chronique des 55+

Supplément « 55 sans limite »

Suzanne Saint-Michel –  Il y a 30 ou 40 ans, la vie se déroulait en trois étapes : l’enfance-adolescence, l’âge adulte et les vieux. Que s’est-il passé? quand elle raconte sa deuxième carrière au service de la communauté.

Notre espérance de vie a significativement augmenté à cause, entre autres, des percées de la recherche médicale. Ainsi, la vie se décline aujourd’hui en sept étapes : l’enfance, l’âge tendre, l’âge ingrat, maturité et vieillesse, la retraite, le 4e âge – après 75 ans et le Grand Âge.  À quel âge avons-nous attrapé une maladie honteuse pour subir l’âgisme?

Nous sommes des humains qui possédons un vécu et une expérience professionnelle, nous sommes productifs (et non pas végétatifs en attendant la mort) et allons consommer encore longtemps.

De plus, nous ne sommes plus à l’âge de nous laisser faire et nous manifestons notre insatisfaction. Pour la plupart d’entre nous, nous ne faisons pas notre âge. Alors, où est le problème dans les exemples qui suivent?

Nous endurons des attitudes et des manières désagréables à notre endroit. Les membres de notre famille nous considèrent comme un CPE sur appel et une banque à pitons. Nous n’avons que cela à faire, nous n’avons aucune obligation financière ni aucune activité à planifier.

Ma meilleure histoire a été vécue par deux groupes de femmes à têtes blanches, à deux moments différents et ce, dans le même restaurant. Les membres du Comité de communications de la Table des aînés se réunissent à Saint-Sauveur et partagent leurs expériences de sortie au restaurant. 

Onze heures trente, le groupe de femmes se présente et le serveur les place à l’intérieur près de la fenêtre donnant sur la terrasse. Vers midi quarante-cinq, l’achalandage augmente et on les déplace au milieu du restaurant. À treize heures trente-cinq, pour une deuxième fois, on veut les déplacer au fonds près des toilettes sans aucune compensation pour tout ce dérangement.

Savez-vous pourquoi?

Tout d’abord, elles ne correspondaient pas à leur clientèle ciblé 30-45 ans, et les cheveux blancs plus les rides pourraient nuire à leur image. Les deux groupes ont payé, quitté et aujourd’hui, ils partagent leurs expériences pour éviter que d’autres soient confrontés à la même situation.

Par contre, de plus en plus de commerçants favorisent et rentabilisent l’âgisme, ils nous respectent. Ils ajustent ainsi leur horaire et leurs prix (par exemple, la formule early bird et rabais à des moments précis. Nous devenons alors une clientèle fidèle.

Nous avons le pouvoir d’influencer et à la limite, de boycotter des produits et des commerces. Notre dollar a autant de valeur que celui des 20, 30 ou 40 ans. Les businessmen eux aussi deviendront vieux et ratatinés. J’espère qu’ils seront mieux traités. Être aimable et courtois coûte si peu et rapporte tant !

Les préjugés et la discrimination envers les personnes âgées ont toujours existé mais on en parlait peu. Aujourd’hui, nous nous exprimons de plusieurs façons, le pouvoir gris-blanc est grandissant et ceci s’accompagne d’une certaine indépendance et de liberté de choix. Le respect s’apprend à tout âge !

Suzanne St-Michel est membre de la Tables des Aînés et de son comité de communication, membre du CA de Prévoyance envers les aînés et présidente du CA de la Rencontre de Ste-Marguerite

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