La Croix de Sainte-Adèle brille à nouveau

Par Andre Berard
La Croix de Sainte-Adèle brille à nouveau

Lundi dernier, le ciel étoilé de Sainte-Adèle s’est fait ravir l’émerveillement des citoyens par la croix du Sommet Bleu qui, soudainement, s’est mise à briller de mille feux. Le symbole de Sainte-Adèle, baigné dans la lumière étincelante de ses nouvelles ampoules, émerge d’une période de grande noirceur. Cet embrasement de la croix ravive également la passion d’une communauté pour son symbole, mais aussi les douleurs de blessures qui tardent à se fermer.

Lundi matin, une équipe réduite de trois électriciens empruntait la servitude déjà existante qui, selon toute vraisemblance, était accessible et praticable, afin de procéder au remplacement des ampoules mortes de la croix du Sommet Bleu. Équipés de simples harnais, de cordes et d’une réserve d’ampoules neuves, les électriciens n’ont mis qu’une heure et demie pour regarnir la croix, contredisant ainsi les allégations du con-seiller Lamarche qui, lors d’une séance du conseil, décrivait une opération exigeant une nacelle et de l’équipement plus sophistiqué.

Marc Lupien, le propriétaire des lieux, était présent lors de l’opération: «Les électriciens ont passé par le chemin de servitude existant en faveur de la municipalité. L’un d’eux m’a confirmé que tout s’est déroulé sans problème», affirme le citoyen qui est au centre d’une saga judiciaire sans précédent à Sainte-Adèle. Marc Lupien considère l’opération du 7 juillet dernier comme un aveu qui démontre sans l’ombre d’un doute l’inutilité des procédures entreprises par la municipalité dans le dossier des servitudes.

L’illumination de la croix soulève la question suivante: pourquoi maintenant? Joint au téléphone, le maire Claude Descôteaux a ac-cepté de répondre à nos questions:«La municipalité était censée disposer d’un nouveau droit de passage. Pour toutes sortes de considérations, M. Lupien a décidé de ne pas le lui donner. Il a suggéré d’utiliser celui que nous avions déjà. Quand je suis arrivé à l’Hôtel de Ville, j’ai entamé des pourparlers avec Marc Lupien. L’illumination de la croix lundi dernier est le fruit de cette démarche.»

Le maire Descoteaux admet que la Ville a toujours eu l’usage de cette servitude, mais ne souhaite cependant pas commenter les décisions de l’ancienne équipe. Il avait, dit-il, promis aux Adélois qu’il s’occuperait de leur croix, c’est ce qu’il a fait: «J’ai mis mes culottes et je me suis dit, on y va!», lance-t-il sur le ton de la détermination. Il précise toutefois «que le fait d’avoir illuminé la croix ne règle pas le fond du dossier concernant Marc Lupien.»

L’illumination de la croix relance le débat entourant les servitudes dans cet imbroglio juridique opposant la Ville au citoyen. L’opération de lundi dernier confirme que cette servitude existe, qu’elle est praticable et qu’elle donne bel et bien accès à la croix. Marc Lupien estime que cette opération confirme les prétentions qu’il défend depuis le début:«À aucun moment, la municipalité n’a été empêchée d’utiliser librement la servitude de passage existante pour le remplacement des ampoules.» Il ne s’explique pas pourquoi la Ville a attendu plus de deux ans «pour réaliser cette opération des plus simples.» Il estime qu’il est malheureux de constater que cette opération aurait pu être effectuée bien avant: «Ce qui aurait permis d’éviter la situation juridique dans laquelle se retrouvent les deux parties en plus d’épargner des centaines de milliers de dollars en frais d’avocats de part et d’autre.»

Marc Lupien se dit malgré tout reconnaissant envers la nouvelle administration «qui tente de mettre fin à cette mascarade, qui prend ses responsabilités et semble vouloir agir dans l’intérêt des citoyens: «Je ne peux qu’encourager cette initiative et souhaiter que la municipalité persiste sur cette voie», conclut-il.

Selon plusieurs observateurs, le maire Des-coteaux vient de marquer de précieux points auprès de la population adéloise en agissant avec doigté dans un dossier incroyablement complexe dont il a hérité en prenant le siège du maire. Les adélois se poseront désormais la question suivante: s’il était possible de rallumer la croix, pourquoi ne l’a t’on pas fait avant? Pour connaître la réponse, le maire Descoteaux ne nous pousse-t-il pas à chercher la réponse auprès des membres survivants de l’ancienne administration qui siègent encore au conseil municipal?

Le propriétaire du terrain sur lequel s’élève la Croix de Sainte-Adèle envisage une véritable revitalisation de celle-ci, destinée à la mettre «pleinement en valeur».

Exclusif: le projet

de revitatlisation de la Croix de Sainte-Adèle!

La Croix

sera-t-elle déplacée?

Cette revitalisation implique notamment un déplacement de 75 pieds vers le nord et un «surlèvement» de 35 pieds. Cela permettra notamment que la Croix demeure visible lorsque les arbres que la Municipalité a exigé (plantés aux frais du propriétaire) seront à pleine maturité et en obstruront la vue si la Croix n’est pas déplacée. Cela permettra aussi que la Croix soit pleinement visible depuis le Mont Gabriel (comme en témoigne le plan reproduit ici), qui est maintenant annexé au territoire adélois et qui constitue en quelque sorte la porte d’entrée de la région par le sud. Enfin, le propriétaire souhaite faire remplacer l’éclairage actuel par un éclairage LED, plus environnemental, qui entraînera de fortes economies d’énergie et ne nécessitera Presque plus aucun entretien. Se-lon le propriétaire, ce plan a été soumis au maire Descôteaux qui aurait répliqué qu’«aucun argent n’était disponible» pour ce projet.

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