La deuxième chance de Philippe Lebeault

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Par Mathieu Laberge
La deuxième chance de Philippe Lebeault

Le 7 août dernier, dans le cadre de sa série de portraits de sportifs des Laurentides, Accès présentait celui de Philippe

Lebeault, un menuisier qui fait des compétitions de course à pied, de vélo de montagne et qui s’entraîne souvent avec ses deux filles. Cinq jours plus tard, Philippe Lebeault vivait la peur de sa vie. Alors qu’il roulait sur l’autoroute 15 Sud à la hauteur du boulevard Sainte-Rose, à Laval, son cœur a arrêté de battre. Le camion du jeune homme de Val-David fait alors une embardée et il se retrouve dans le fossé.

 

Un automobiliste s’est arrêté pour lui porter secours et a immédiatement appelé les ambulanciers. «Je n’avais aucune notion à savoir où j’étais. Quand je suis sorti du camion, je pensais que les ambulanciers s’inquiétaient un peu trop pour moi, explique Philippe. Une fois rendu à l’hôpital, j’ai fait une autre syncope. C’est quand j’ai vu le visage du médecin, à mon réveil, que j’ai compris que ce n’était pas drôle.»

 

Pendant la nuit, le cœur du jeune homme a arrêté sept fois, dont un arrêt qui a duré 19 secondes. Le lendemain, il se fait installer un stimulateur cardiaque (pacemaker). C’est bien la dernière chose à laquelle pouvait s’imaginer ce grand sportif de 34 ans qui ne fume pas et qui mange sainement.

 

Trop en forme?

À la suite d’une batterie de tests, les médecins avancent l’hypothèse que Philippe Lebeault aurait habitué son cœur à faire des efforts importants lors de compétitions d’endurance, ce qui le rendrait paresseux au repos.

 

«Au moment de mon accident, j’étais très en forme et mon cœur battait donc moins vite au repos. Il a donc arrêté de battre J’ai juste un gros cœur paresseux finalement! Disons que les médecins sont bien intéressés à étudier mon cas, car je ne suis pas un patient ordinaire», explique celui qui continue de faire un suivi médical sur une base mensuelle.

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Un tel incident a remis bien des choses en perspective. Un élément demeure toutefois: son amour pour le sport. Un amour qu’il compte toutefois vivre différemment. À peine trois semaines après ce malheureux événement, et avec l’accord de ses médecins, Philippe Lebeault épinglait à nouveau un dossard sur son maillot, cette fois au duathlon en sentiers de Saint-Adolphe-d’Howard, où il termine au premier rang.

 

La vraie victoire n’était pas sur le podium s’empresse-t-il d’expliquer: «Je l’ai fait pour ma tête et parce que j’avais besoin de voir les gens que j’aime. Je n’étais pas là pour gagner.»

 

Pendant l’automne, il a participé à quelques épreuves de course en sentier. «Ça n’allait pas vraiment bien à mes dernières compétitions et j’avais de la difficulté à monter ma fréquence cardiaque. Ils ont réajusté mon stimulateur cardiaque et ma fréquence maximale est maintenant de 10 battements par minute de plus. C’est comme si j’avais reçu un turbo sur mon cœur!»

 

Une nouvelle vision de la vie

Tous les matins, Philippe Lebeault voit la cicatrice sur son torse où le petit appareil électronique a été implanté. «Quand ça ne va pas bien, je mets ma main dessus et je le sais en maudit ce que j’ai vécu. Ça me regrounde. Il ne faut pas que les gens croient qu’ils sont invincibles et il faut qu’ils soient à l’écoute de leur corps.»

 

En entrevue, il est toujours aussi volubile et on sent bien qu’il a conservé son goût pour la compétition, sauf que l’aspect contemplatif est beaucoup plus présent qu’avant.

 

«La force d’une personne, c’est la capacité qu’elle a de se relever et de continuer. Ma vie a beaucoup changé. Oui, j’ai été démoralisé pendant un moment et j’ai mis mes priorités à la bonne place et je sais maintenant ce que je veux. Et ça, c’est vivre mes passions à fond avec les gens que j’aime. Et lorsque je serre mes filles dans mes bras, elles sentent encore meilleures. Se rendre au bout de notre vie, c’est ça la plus belle des compétitions sportives!»

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