La FFARIQ dépose plainte à la Commission des relations de travail

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Par Sarah St-Denis
La FFARIQ dépose plainte à la Commission des relations de travail

Familles d’accueil

En pleine période de maraudage syndical, la Fédération des familles d’accueil et des ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ) a déposé deux plaintes à la CRT, le 21 janvier dernier, dans le but de dénoncer les agissements de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Selon Jacinthe Boucher, présidente de la FFARIQ qui regroupe environ 2500 membres, les familles d’accueil du Québec subissent présentement de l’intimidation et du chantage de la part des représentants syndicaux de la CSN et de la CSD, allant même jusqu’à employer l’expression «régime de peur». Une situation à laquelle la région des Laurentides n’échapperait pas.

 

«Il y a beaucoup de pression envers les ressources d’accueil, beaucoup de désinformation. Les familles ont peur, elles se sentent prises au piège car elles sont isolées, ce n’est pas comme s’il s’agissait de travailleurs d’une usine», affirme Mme Boucher.

 

«On connait depuis longtemps leurs pratiques déloyales mais personne n’ose les dénoncer. On a déjà vu un représentant syndical rester stationné toute la journée dans la cour d’une maison où loge une famille d’accueil pour l’intimider», poursuit-elle.

 

Escalade

Toujours selon Mme Boucher, cette situation serait le résultat d’une escalade en terme de pratiques déloyales, celles-ci n’ayant pas été dénoncées au cours des dernières années. En effet, adoptée en juin 2009, la loi 49 autorise maintenant les familles d’accueil à se regrouper afin de négocier une entente collective avec le Ministère de la Santé et des Services sociaux. L’actuelle entente signée en 2012 prendra fin le 15 mars prochain, d’où la période de maraudage syndical entamée le 31 décembre dernier, qui se terminera le 30 janvier.

 

Des accusations réfutées

 

Du côté de la CSD, on réfute ces accusations.

«Bien sûr que nous sollicitons les gens, ils ont le droit de changer d’association s’ils le veulent. Ce dont la FFARIQ nous accuse n’a aucun sens. Personne n’attaque personne. Nous prenons rendez-vous avec les gens par téléphone en premier lieu et s’ils ne veulent pas nous rencontrer, nous n’insistons pas. C’est le fonctionnement normal d’une période de maraudage», explique Rolland Meunier, conseiller syndical à la CSD.

 

«Si nous faisions de l’intimidation, d’autant plus physique, pensez-vous que les gens ne contacteraient pas la police? C’est de la fabulation», poursuit-il, avant d’ajouter que, selon lui, cette situation ressemble plutôt à une tactique afin d’obtenir de la visibilité de la part de la FFARIQ.

 

Un son de cloche similaire émane de la CSN.

«La FFARIQ va devoir fournir des preuves car l’intimidation n’est pas dans nos valeurs ni dans nos pratiques. Elle met tout le monde dans le même panier [la CSN et la CSD], on a tous des mauvaises pratiques à ses yeux. C’est un peu gros», affirme pour sa part Dany Lacasse, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la CSN.

 

Accusations inversées

Suite à la tenue de son assemblée d’information à Rivière-du-Loup le 8 janvier dernier, la CSN a publié un communiqué dénonçant l’intimidation qu’elle aurait subi de la part de la FFARIQ, situation qui aurait nécessité une intervention policière afin d’évacuer les représentants de la FFARIQ s’étant introduit dans la salle au cours de la soirée.

 

Suivant le processus concernant les plaintes déposées, une audience publique a été fixée le 6 février prochain au bureau de la Commission des relations du travail à Québec.

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