La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal !

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La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal !

Espace griffé

par JOSÉE PILOTTE

 

L’hiver. C’est beau cette étendue blanche et ce silence qui nous enveloppe des mois durant, ne trouvez-vous pas ? Toute cette neige qui nous est tombée dessus me fait d’ailleurs penser aux hivers de mon enfance. J’habitais Laval, à Chomedey plus précisément, tout près du parc Belmont. Et dans ce temps-là, les hivers étaient rigoureux et les bancs de neige énormes.

À cette époque, nos mères nous sacraient dehors le matin en habit de ski-doo en prenant bien soin de nous enrubanner d’un énorme foulard, ne laissant que nos yeux à découvert. Et là, tous les enfants de la 70ième avenue jouaient au roi de la montagne. On construisait des igloos et des longs tunnels au grand désespoir de nos parents qui avaient peur que la charrue nous enterre vivant.

À midi, on entendait toutes les mères de la rue crier nos noms : « Sylvie, Nathalie, Michel, Josée… Viens dîner! » On rentrait tous chacun de notre bord, la morve au nez manger une bonne soupe poulet et nouilles accompagnée d’un grilled cheese pain blanc – de la marque Western – et d’une bonne grosse tranche de fromage orange Kraft. Et une demie-heure plus tard, pas une minute de plus, on ressortait. Toute la gang était là dans le « suit à ski-doo » et on organisait le plus sérieusement du monde LA guerre de boules de neige de la 70ième avenue! Comme à la Guerre des tuques!

Faut dire que dans ce temps-là, il n’y avait rien d’autre que les jeux à l’extérieur et les amis pour se stimuler et s’amuser. Un moyen assez simple et efficace pour venir à bout de notre hyperactivité!

La pénitence suprême consistait à nous empêcher de sortir à l’extérieur, c’est bien pour dire. Autre temps, autres mœurs.

Un jour, sans t’en rendre compte, tu te mets à pester, à chialer contre l’hiver et tu te mets à rêver de République de bananes et de pina colada.

Mais que voulez-vous, on ne s’en sort pas, l’hiver c’est nous. Comme le dit si bien la chanson de Vigneault : « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver. »

On n’a pas le choix, soit on s’enferme six mois par année, soit on chausse nos bottines et on va jouer dehors comme quand on était kids. L’hiver faut l’habiter et se laisser habiter pour l’aimer. Et avouez que c’est beau de voir toute cette solidarité humaine les jours de tempête.

Et quand on se compare on se console. Nous sommes plutôt choyés d’habiter ces montagnes laurentiennes. C’est un immense terrain de jeu, un trésor inca, une cité d’or juste là sous nos yeux et c’est chez nous. Notre patelin.

Je parlais de ça cette semaine, en disant qu’il faut arrêter d’essayer de se réinventer. Nous devrions capitaliser sur ce que nous sommes et en être fiers, en exploitant au maximum notre valeur sûre : le plein-air. Nous sommes un village alpin. Nous sommes des aires de plein-air.

Cette semaine, ça m’a fait sourire en voyant quelques cafés et boutiques de notre village, maintenant propriété de milléniaux afficher à leur porte : « Jour de tempête, on joue dehors, retour demain! »

Est-ce que les milléniaux auraient compris quelle est notre véritable « trade mark » ?

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