La langue du commerce: «Vendredi fou» au lieu du Black Friday?

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Par Thomas Gallenne
La langue du commerce: «Vendredi fou» au lieu du Black Friday?

Le Mouvement Québec français des Laurentides (MQFL) demeure préoccupé par une tradition commerciale, en provenance de nos voisins du Sud, et reste tenace au
Québec, malgré la Loi 101. Et la venue du Black Friday le 4e vendredi de novembre, au cours duquel les commerçants offrent leur marchandise en solde, ne fait que renforcer le phénomène d’anglicisation des appellations commerciales.

«On observe un recul de la langue française dans le monde du travail, dans le nom des bannières et des raisons sociales des commerces, soutient Réjean Arsenault, président du MQFL depuis trois ans. On note toutefois certains commerces et bannières qui font des efforts tels que Bureau en gros, Les Supercentres Walmart ou encore La Source.»

Cet organisme dont la mission est à la fois de promouvoir et de défendre la langue française, invite donc les commerçants à adopter une expression en français dans leur sollicitation aux consommateurs afin de découvrir des rabais alléchants donnant le coup d’envoi au magasinage des fêtes.

À l’instar de l’Office québécois de la langue française (OQLF), M. Arsenault croit que la langue française est assez riche pour ne pas se contenter d’un emprunt à la langue anglaise. «Traduire le Black Friday en ”vendredi noir”, ça fait un peu trop morose. Au contraire, on aimerait voir les commerçants de la région faire preuve de plus de créativité.» Dans cet esprit, il préconise l’utilisation des expressions aussi invitantes les unes que les autres comme le suggère l’OQLF: Vendredi fou, Super Vendredi, Vendredi dingue, Vendredi dément. «Puisque c’est une invitation à la consommation, l’expression ”Mégasolde de fin novembre” pourrait très bien désigner cette journée particulière ouvrant la période intensive de magasinage avant les fêtes de fin d’année», poursuit-il.

Fini le Boxing Day

Cette fameuse expression en est un bon exemple. En effet, le MQFL constate avec plaisir son recul dans les annonces publicitaires en faveur d’expressions francophones. «Des expressions comme solde après Noël, solde après les fêtes, Mégasolde de Noël sont de plus en plus courantes, ce qui prouve que le français en affaires c’est possible!», conclut Réjean Arsenault.

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