La merde et l’humour

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La merde et l’humour

La chronique à Mimi par Mimi legault
mimilego@cgocable.ca

Donc la merde

Out les culs bénis ou les vierges offensées. J’irrite votre côlon ? Flushez-moi! Merde n’est-il pas le mot de Cambronne ? Lisa Leblanc n’a-t-elle pas fait un malheur en chantant Ma vie c’est d’la marde ? Des amoureux ne se traitent-ils pas parfois de belle petite crotte d’amour ? Quel parent n’a pas félicité son jeune enfant d’avoir fait un beau caca ? Voyez ? Ce n’est pas une « cacastrophe » de parler de merde.

Le sujet a même été traité tout dernièrement à 95,1 à Radio-Canada et nul autre que Boucar Diouf vient de faire paraître son dernier livre intitulé « Apprendre sur le tas ».

Le mot merde fait partie de notre espèce quebecensis qu’on le veuille ou non. Donc, si en 2019 j’ai envie de parler de certains sujets nauséabonds, je ne me gênerai pas pour le faire.

On est devenu tellement frileux sur tout ce qui se dit ou s’entend que l’on n’ose plus avancer des opinions sous peine de recevoir des courriels haineux ou d’entendre le huissier cogner à sa porte. Comme a si bien dit Mike Ward : qu’ils mangent d’la m….

Nous y voilà

Ne vous offusquez pas puisque cette dernière expression était écrite noir sur blanc (sans jeu de mots…) dans le Journal de Montréal du 17 janvier dernier. L’humoriste en question vise à faire annuler sa condamnation pour avoir discriminé en spectacle Jérémy Gabriel qui souffre du syndrome de Treacher Collins.

Selon son avocat, Mike n’est pas fautif, c’est un cas de liberté d’expression.

En principe, je suis d’accord. En principe, je dis bien. C’est comme le gars qui dit qu’il était dans son droit d’avoir volontairement écrasé une vieille dame avec son auto parce que la lumière était verte.

Je vous cite un autre exemple. Un couple dans la cinquantaine très riche reçoit dans son somptueux chalet un groupe d’amis. Le chic à souhait.

Les voilà en haut du long escalier qui font une apparition remarquée. L’orchestre entame une musique de circonstance.

Monsieur tend le bras à sa douce et chaque invité n’a d’yeux que pour eux. Mais au premier pas, madame rate la marche et disons-le franchement, tombe sur le cul.

On entend alors parmi les invités des rires à peine retenus. Mais elle poursuit sa chute. Encore là, quelques gloussements fusent. Là, elle se met carrément à culbuter et frappe le mur du palier. Les gens se tordent les boyaux de plaisir. Elle franchit les dernières marches dans un fracas de rires interminables. Elle aboutit sur le parquet ciré. S’immobilise. Elle est morte.

Quelqu’un peut-il me signifier à quelle marche précisément cette anecdote a cessé d’être drôle ? Et à quel instant précis le rire n’avait plus sa place ?

Mike Ward affirme qu’il va continuer à faire de l’humour noir. Noir ? s’est-on interrogé. Peut-on nommer ça du racisme ?

Hé merde, voilà que ça recommence.

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