La ministre Boulet rate une cible importante

Par Nathalie Deraspe

Le projet de loi sur la sécurité routière déposé récemment par la ministre des Trans-ports Julie Boulet aura eu l’heur de soulager la rage suscitée par la mort de la petite Bianca Leduc, victime d’un fou de la vitesse, mais selon le Centre de véhicules électriques du Québec (CEVEQ), le gouvernement rate une belle occasion de marquer son avance en matière de transports avancés.

Le directeur du CEVEQ est perplexe. D’un côté, on laisse rouler sur nos routes des véhicules qui peuvent atteindre des vitesses astronomiques et de l’autre, on nous demande constamment de nouvelles études pour les véhicules à basse vitesse (VBV), laisse tomber Pierre Lavallée. Au cours des dix dernières années, la puissance des moteurs de nos véhicules a augmenté de 55%, fait-il valoir. Une donnée intéressante pour la Table de concertation sur la sécurité routière, dont les travaux ont inspiré du moins pour le quart, le projet de loi actuel, qui n’est ni plus ni moins qu’une pâle copie de ce qui s’est fait en Ontario il y a maintenant deux ans (projet de loi 169). «Nous avons été les premiers au Canada à légiférer sur les vélos électriques, soutient Pierre Lavallée. Puis, il y a eu l’évaluation des Segway en 2004-2005 et le dépôt du rapport l’année suivante. On pensait bien être à l’époque de la réglementation, mais la ministre nous demande encore de faire des projets-pilotes.» Selon le directeur du CEVEQ, cette attitude menace la place qu’occupe le Québec dans le dossier. «Depuis 9 ans, notre organisme a évalué un ensemble de technologies en matière de transports avancés, rappelle Pierre Lavallée. On était les leaders canadiens, les industries se sentaient bienvenues chez nous et cela était excellent pour le créneau qu’on est en train de développer. Il y a déjà une foule d’études qui circulent dans la littérature internationale, pourquoi en demander de nouvelles? On joue sur la sensibilité écologique des gens, mais en réalité, on n’avance pas beaucoup.» Dans la région, des compagnies comme Paccar et Novabus ont pris les devants et offrent déjà une gamme de camions et d’autobus hybrides qui réduisent d’au moins 30% les gaz à effet de serre et qui réduisent d’autant leur consommation de carburant. Les Sociétés de transport d’Outaouais et de Montréal bénéficient là de subventions de Québec et Ottawa pour des projets amorcés il y a plus de six mois.
À quand des autobus hybrides qui quitteraient la gare de Saint-Jérôme pour rouler vers le nord? Pourquoi ne pas projeter de relier de petites municipalités avec des véhicules à basse vitesse? Après tout, il y a loin de la coupe aux lèvres. La moyenne canadienne de consommation d’essence est encore de 10 litres au 100 kilomètres.

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