La MRC devra faire face à de grands enjeux

Par Production Accès
La MRC devra faire face à de grands enjeux

Portait démographique et socioéconomique de la MRC des PDH

 

Françoise Le Guen – Parmi les enjeux démographiques et socioéconomiques de la MRC des Pays-d’en-Haut, il ressort que la situation du logement est critique notamment à Saint-Adèle et à Saint-Sauveur. Par ailleurs, comparée à l’ensemble des MRC de la région, la MRC a une proportion relativement élevée de personnes (15,6 %) vivant sous la mesure du faible revenu (MFR).

 

La MRC des Pays-d’en-Haut aura donc à faire face à différents enjeux découlant des situations de vulnérabilité qui touchent beaucoup de résidents : le vieillissement de la population, la mobilité des personnes âgées et le maintien de leur autonomie ainsi que le logement.

En effet, selon l’indice du logement locatif canadien, la MRC a une santé locative jugée critique, se classant 97e sur 98e au Québec. Un autre enjeu est lié à la forte présence de résidences secondaires.

Il apparaît également dans les dernières statistiques que c’est l’une des trois MRC de la région à avoir un solde migratoire négatif chez les 65 ans en 2016-2017 et qu’elle présente une moins grande proportion de personnes âgées entre 20 à 34 ans. Le solde négatif des 15 à 24 ans peut s’expliquer, en partie, par la poursuite des études postsecondaires dans des établissements d’enseignement à l’extérieur de la MRC.

Jacques Gariépy, maire de Saint-Sauveur.
Les priorités

Selon Christine Nantel, la présidente du Regroupement des partenaires de la MRC des PDH, le problème de logement est présent depuis plusieurs années. Il y deux ans, une agente de développement travaillait au niveau des logements sociaux sur le territoire, mais le poste a été aboli faute de subventions. « C’est un des enjeux prioritaires que le Regroupement met de l’avant », dit-elle.

Lors de la présentation du portrait sociodémographique par le Regroupement en octobre dernier, « le préfet reconnaissait alors l’importance de cet enjeu, mais demandait qui allait être le porteur du dossier. Nous, nous sommes d’avis que tout le monde le porte, autant les municipalités qui doivent se sentir concernées, que le milieu le communautaire et le privé. Il faut un arrimage, il manque le coup d’envoi », constate Christine Nantel.

Il en sera certainement question lors de la consultation organisée par le Regroupement des partenaires le mercredi 27 février, une rencontre d’écoute en développement social dans le cadre d’une tournée de sensibilisation qui débouchera sur un forum dans les Laurentides au mois de mai.

Toutes les MRC des Laurentides tiennent actuellement des rencontres de sensibilisation sur leur territoire, chapeautées par le Conseil régional de développement social des Laurentides (CRDSL) et financées par la Table des préfets. « On va aborder le logement, la réussite éducative, le transport, la sécurité alimentaire qui font déjà partie de nos priorités au sein du regroupement. On a remis à l’ordre du jour l’employabilité à cause du manque de main d’œuvre et d’emplois de qualités. »

Saint-Sauveur

Plus du quart des populations de Sainte-Adèle et de Saint-Sauveur réside dans des secteurs ayant des conditions matérielles plus défavorables. Un fort pourcentage de ménages à faibles revenus dépense plus de 30 % pour le logement. « C’est une problématique sur laquelle on se penche, affirme Jacques Gariépy, le maire de Saint-Sauveur. Ici, la plupart des emplois sont dans la restauration, le commerce de détail et l’hôtellerie. Beaucoup de gens travaillent au salaire minimum alors que la valeur moyenne d’une maison est de 340 000 $ et il y a peu de logements à prix modique. Voilà notre défi. »

Selon lui, la municipalité peut encourager les promoteurs à bâtir des unités à prix modique. « Il y a des groupes qui essayent de bâtir des unités de 35-40 logements à prix modique pour les personnes âgées. Ils cherchent un terrain dans le cœur de Saint-Sauveur, proches des services, mais il n’y en a pas beaucoup ».

Chose certaine, Saint-Sauveur privilégie avant tout le tourisme. « On n’a pas d’usines. Notre rôle n’est pas de nous positionner en compétition avec les parcs industriels de Saint-Jérôme ou de Mirabel. On n’est pas équipé pour cela et on n’a pas de place. Ce qu’on peut offrir aux gens, c’est la qualité de vie ».

Même s’il reconnaît l’importante population d’aînés, Jacques Gariépy pense qu’il y a surtout un manque d’équilibre. « On n’a pas assez de jeunes et c’est pour ça qu’un projet comme le Complexe sportif situé proche de l’École secondaire Augustin-Norbert-Morin va permettre d’attirer les jeunes familles ».

Constat du préfet

André Genest, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, confirme qu’au niveau des enjeux de lutte à la pauvreté, un travail se fait en concertation avec les organismes qui œuvrent sur le plan social. « Dans le dernier Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale (PAGIEPS), l’offre alimentaire s’est améliorée. Il y a maintenant un bon filet avec les organismes comme le Garde-Manger des PDH et Moisson Laurentides. »

Ce dernier est conscient que l’autre élément important est au niveau des coûts des logements. « On est à peu près les pires au Québec. Un des projets qui a été réalisé dans le dernier PAGIEPS est la trentaine de logements de l’Échelon des Pays-d’en-Haut pour des personnes avec des problèmes de santé mentale. »

Selon lui, il reste à déterminer comment il va être possible de contrer cette problématique. Il est également impératif pour lui de faire en sorte que les gens restent dans la communauté. « Ici beaucoup de gens, dont des personnes âgées, quittent ou vendent leur maison et s’en vont, car ils n’ont plus les moyens de l’entretenir. »

Faits saillants
  • Les personnes âgées de 65 ans ou plus constituent plus du quart de la population de la MRC des Pays-d’en-Haut.
  • L’accroissement de la population est en grande partie dûe à la migration de personnes âgées de 45 à 64 ans.
  • La proportion d’aînés dans la population s’accroît de façon continue, alors que la proportion de jeunes de 0 à 17 ans est plutôt stable.
  • On retrouve un grand nombre de résidences secondaires.
  • De façon générale, les conditions économiques des aînés sont plus favorables que la moyenne régionale, alors que les conditions économiques des jeunes sont moins favorables.
  • Le coût du logement représente un enjeu pour beaucoup de ménages.
  • La proportion de personnes vivant seules est la plus élevée de la région.
  • Le tertiaire (hôtellerie, restauration, services) est le secteur d’activité le plus développé.
La défavorisation
  • Les municipalités de Sainte-Adèle et de Saint-Sauveur comptent environ le tiers de leur population qui réside dans des secteurs plus défavorisés socialement.
  • Environ 2 300 personnes habitent les secteurs les plus défavorisés à la fois matériellement et socialement du territoire des Pays-d’en-Haut, soit 6 % de la population.
  • Près de la moitié de ces personnes vit dans Sainte-Adèle, le reste de ces personnes est réparti dans Saint-Adolphe-d’Howard et dans Saint-Sauveur.
  • Environ 40 % de la population de Saint-Adolphe-d’Howard vit dans des secteurs ayant des conditions sociales parmi les plus défavorables du territoire de réseau local de services des Pays-d’en-Haut.
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Bonjour. Merci pour cet article. Auriez-vous des références documentaires des constats des enjeux démographiques et socio-économiques s.-v.-p?