La pauvreté ne prend jamais congé

Par Josée Pilotte
La pauvreté ne prend jamais congé

« Merci à vous, soldats de l’ombre. Mon séjour parmi vous m’aura fait réaliser que, dans toute cette abondance que la vie m’apporte, j’oublie trop souvent que la pauvreté ne prend jamais de congé. »

Avant il y avait l’Église pour faire le bien. Avant, le bien se faisait tout discrètement. En fait, avant, le bien n’avait ni tambour ni trompette accrochés après lui. Il ne s’annonçait pas, n’avait pas besoin «dexposure» non plus. Non, avant, le bien se faisait naturellement, avec une certaine pudeur, sans flafla ni feu d’artifice. Aujourd’hui, malheureusement, le bien se donne parfois en spectacle sur le coin de la rue, pour que nous nous achetions une bonne conscience une fois par année. Remarquez que c’est peut-être normal: nous vivons dans une époque où la nuance des gestes et des mots ne font plus partie de nos valeurs. Nous vivons dans une époque rude, aux opinions tranchées, sans nous soucier – sinon très peu – du bien ou du mal. Pourvu que l’on assouvisse notre besoin d’EXISTER, la bonne morale sociale, elle, on s’en tape royalement. Mais. On a eu beau jeter le bébé avec l’eau du bain en foutant à la porte de nos vies nos églises mais – Dieu merci! – il existe encore de nos jours des «adjoints» du Bon-Dieu qui font le bien pour faire le bien. Simplement. Je les ai vus de mes yeux vus la semaine dernière; et oui, il existe encore des gens qui aident dans l’ombre, simplement guidés par amour pour son Prochain. Pour l’avoir vécu, je sais tout le bien que ça fait d’aider. Un sourire, de la gratitude… bref: de l’amour avec un grand A qui fait résonner une corde dans le cœur! Le plus beau dans tout cela, c’est que lorsque tu regardes ces soldats de l’ombre, ces «helper du Bon-Dieu» comme j’aime bien les appeler, tu découvres qu’ils ont tous un point en commun: le plaisir à faire plaisir. Une denrée rare de nos jours vous en conviendrez avec moi. Dans le monde individualiste dans lequel nous vivons, qui est plus souvent qu’autrement bourré de préjugés et de mépris, il est difficile, voire presque impossible de valoriser l’entraide, c’est à dire: faire le bien pour le bien. Ainsi, le résultat de notre désensibilisation face au sort de notre Prochain, c’est qu’au lieu de guérir, on en crève tout doucement, un peu plus chaque jour, de cette pauvreté que l’on ne veut pas voir. Plusieurs diront que toute cette abondance dans laquelle nous vivons est exagérée. Qu’elle écœure même, tant elle est juste… «trop». C’est vrai, que l’on n’a pas besoin de tout ça. Ce «ça» qui ne remplit rien d’autre que nos cartes de crédit et qui nous éloigne les uns des autres, et de l’essentiel de la vie. Pourtant nous sommes tous d’accord pour dire que le bonheur, il est tout simple et qu’il est souvent assis autour de la table, un samedi soir en famille. Alors oui, Dieu merci! il existe des gens différents pour faire à notre place ce qui naturellement devrait être fait afin de venir en aide aux gens dans le besoin. Merci à vous, soldats de l’ombre. Mon séjour parmi vous m’aura fait réaliser que, dans toute cette abondance que la vie m’apporte, j’oublie trop souvent que la pauvreté ne prend jamais de congé.

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