La route 66 sourit au cinéaste Roger Otis

Par Nathalie Deraspe

Grâce à la générosité de Tom Fermanian, propriétaire du cinéma Pine, les cinéphiles des Laurentides pourront apprécier le court-métrage Route 66 Australia, second film d’une trilogie sélectionné aux Festivals de films de Montréal, Brisbane et Sydney et produit et réalisé par Roger Otis.

Retraité de l’ONF où il a œuvré pendant près de 30 ans, Roger Otis a développé une réelle passion pour la route 66. Après avoir capté ce qui reste du légendaire tracé immortalisé dans une chanson américaine reprise par à peu près toutes les stars de la planète, ce qui lui a valu d’être en compétition dans plusieurs festivals dans le monde y compris en Espagne et en Iran, le cinéaste a poussé l’audace et signé un second volet de cette trilogie, également sélectionné en compétition officielle. Curieux, celui-ci a poursuivi ses recherches et retracé pas moins de dix autres routes portant le même nom en Europe (quatre de celles-ci sont situées en France). Dans ce dernier volet, le cinéaste prévoit garder une heure des quelque 24 heures de tournage réalisées durant son voyage.

Pour la première fois, le public québécois pourra juger du second volet de cette trilogie en salle. Et c’est nul autre que Tom Fermanian, ami de longue date de Roger Otis, qui a accepté de projeter le court-métrage à Sainte-Adèle. Le seul hic, explique M. Fermanian, c’est que pour l’instant, les films à l’affiche sont en cinémascope et non en format régulier comme c’est le cas du film de Roger Otis. Il faudra donc attendre le bon match et l’attacher avec un film qui lui convient, précise-t-il. Un coup d’oeil à la programmation permettra aux cinéphiles et fervents de courts-métrages de connaître les dates de diffusion du film en question. En attendant, Roger Otis planche sur un projet de documentaire qui s’inspirera d’une vingtaine de films d’archives en vue de souligner le 400e anniversaire de la ville de Québec. Soulignons que Roger Otis s’est mérité le prix du meilleur vidéoclip de l’année au gala de l’ADISQ en 1987 avec Rumeurs de la ville, de Michel Rivard.

Du 7e art au premier ciel

Comme s’ils s’étaient donné rendez-vous dans l’au-delà, comme s’ils voulaient «faire une dernière scène», trois bonzes du cinéma ont décidé de… tourner la page, ensemble.

Michel Serrault a ouvert ce bal céleste, quittant la scène après une longue maladie à l’âge vénérable de 79 ans. La chère Zaza de la Cage aux Folles courtisera désormais Saint-Pierre. Ce rôle mémorable, d’abord interprété au théâtre avant d’être salué par la critique cinématographique, a valu à Serrault de se mériter un César comme meilleur acteur en 1978. Fait à noter, cette comédie s’est mérité le Golden Globe Award du meilleur film étranger en 1980. En un demi-siècle, MIchel Serrault aura multiplié les rôles et tourné dans quelque 135 longs métrages en plus d’avoir été maintes fois applaudi au théâtre. Celui qui passait du comique au tragique comme d’autres enfilent un veston, se sera mérité deux autres statuettes pour les films Garde à vue et Nelly et M. Arnaud mais son talent incommensurable lui en aurait valu encore davantage. Le lendemain de son décès, les cinéastes et réalisateurs Ingmar Bergman et Michelangelo Antonimi fermaient cette marche funèbre, laissant dans leurs sillons quantité de souvenirs en cinémascope. Le premier, récipiendaire de la Palme des Palmes, lors du 50e anniversaire du Festival de Cannes (1997), était considéré comme l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma, grâce à sa vision intimiste de la famille et du couple notamment (Fanny et Alexandre et Scènes de vie conjugale). Le second, tout aussi anti-conformiste, aura tourné son dernier film à 92 ans. Formé à la bonne école (Rosselini, Fellini, Carné) celui-ci se sera mérité une trentaine de récompenses dont la Palme d’Or en 1967 pour Blow up, une œuvre qui surprit par sa modernité. (Nathalie Deraspe)

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